dimanche 12 octobre 2014

David Foenkinos Charlotte

David Foenkinos a été hypnotisé par le destin tragique de cette femme qui avait pourtant reçu beaucoup de dons, pour en tirer un récit  bouleversant.



 Charlotte Salomon, berlinoise née en 1917 dans une famille juive, fuit le nazisme en se réfugiant dans le sud de la France à l'époque de la nuit de cristal fin 1938. C'est une femme hantée par les suicides survenus dans sa famille qui trouve un autre refuge, cette fois dans les arts, le chant, la peinture et l'écriture.

Charlotte a 9 ans lors du suicide de sa mère. Son médecin de père  refait sa vie avec une chanteuse lyrique qui fréquente les cercles culturels de la ville, invitant chez elle des personnages tels Albert Einstein, Erich Mendelsohn ou Albert Schweitzer. Tout ceci fascine Charlotte qui rêve de devenir artiste, prend des cours de dessin et s'inscrit aux Beaux- Arts de Berlin.

Charlotte par Foenkinos

Sa fin fut tragique. En 1943, elle va comme beaucoup d'autres à cette époque, être dénoncée, arrêtée puis déportée à Auschwitz. Elle a alors 26 ans et est enceinte de quatre mois. Chronique d'une mort annoncée. Mais avant son départ, elle confia ses toiles, conservées maintenant à Amsterdam, à son médecin en lui disant : « c'est toute ma vie ». Cette œuvre, « un tourbillon de puissance et d'inventivité » réalisée entre 1940 et 1942 est composée de de huit cent gouaches complétées par des textes et des partitions musicales.

Pour rester le plus possible authentique, près de l'émotion qui l'a assailli tout au long de son écriture, dense, faite de phrases courtes, David Foenkinos utilise comme structure narrative la forme d'un long poème retraçant le destin tragique et exceptionnel de cette femme elle aussi exceptionnelle qui a perçu l'urgence de vivre à une époque où la vie était si précaire.


Charlotte Salomon en 1939

Quelques critiques
* « L'auteur de "La délicatesse" recompose la vie de cette artiste qu'il aime dans une forme littéraire inattendue, qui ressemble à un long chant. Un pari réussi. »

* « Pour donner de l'air à ce roman (où tout est sans doute vrai), il opte pour des phrases courtes de moins d'une ligne, seul moyen pour le lecteur de respirer dans une histoire triste, puis tragique. »

Voir aussi
* Mon article sur son roman Les souvenirs

<> CJB Frachet - Charlotte - Feyzin - 12 octobre 2012 - <><> © • cjb •  © <>

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