vendredi 16 février 2018

Jorge Semprun Repères sur son œuvre

Jorge Semprun et son approche sociétale 

À travers son œuvre romanesque, Jorge Semprun a développé quelques thèmes récurrents sur les événements qui ont marqué sa vie. Il a surtout écrit des livres-témoignages, autant d’autobiographies qui suscitent en lui autant de réflexions sur l’état d’une société à un moment donné et son évolution.

Il y narre sa terrible expérience dans les locaux de la Gestapo à Paris dans Le Grand voyage, sa difficile réadaptation dans L'Évanouissement, ou dans le camp de concentration de Buchenwald dans Quel beau dimanche, Le mort qu'il faut, L'Écriture ou la Vie...

Il retrace aussi son parcours clandestin à l'époque du franquisme quand il était un membre éminent du PCE  comme dans Autobiographie de Federico Sanchez, La Deuxième Mort de Ramon Mercader ou Vingt Ans et un jour ainsi que  sa vie d'exilé en France et les années de l'après-franquisme : Adieu vive clarté, Montand la vie continue, La Montagne blanche ou Federico Sánchez vous salue bien.

Jorge Semprun disait qu’à cause de sa terrible expérience des camps, il n’avait pas pu écrire pendant une vingtaine d'années sur son expérience de déporté, comme si sa vie en avait dépendu, comme s’il reculait face à « l'écriture de l'indicible ». Plus tard, il écrira un ouvrage intitulé Se taire est impossible, dans lequel il dira comment la parole s’est finalement imposée.

     

Il a également abordé d’autres thèmes qu’on trouve par exemple dans Autobiographie de Federico Sanchez, comme  Soledad, pièce de théâtre basée sur son expérience communiste, ou des poèmes qui émaillèrent cette période de sa vie.

Jorge Semprun a écrit, outre son œuvre romanesque comptant plus d’une vingtaine de "romans-témoignages" largement autobiographiques, seize scénarios pour le cinéma, marqué par sa collaboration avec des metteurs en scène comme Alain Resnais ou Costa-Gavras et son amitié avec Yves Montand qu’il aborde dans son livre Montand la vie continue. A cours de son existence, il a reçu onze prix littéraire dont le prix Fémina en 1969.

       
L'homme européen           Le fer rouge de la mémoire

Si les études sur l’œuvre de Jorge Semprùn sont assez nombreuses, il faut surtout se référer à ses principaux biographes dont je retiendrai trois noms :

1-
Jaime Céspedes Gallego, auteur de plusieurs études sur Semprùn dont deux sont disponibles en français : Cinéma et engagement : Jorge Semprún scénariste, collection CinémAction n°140, Corlet Éditions, 2011 et « André Malraux chez Jorge Semprún : l'héritage d'une quête », Revue André Malraux Review, no 33, Norman, University of Oklahoma, 2005.

2 - Françoise Nicoladzé, La deuxième vie de Jorge Semprun, une écriture tressée aux spirales de l’Histoire, éditions Climats, 1997, 379 pages et La Lecture et la vie, Paris, Gallimard, 2002, 162 pages.

3 – Gérard de Cortanze, Le Madrid de Jorge Semprun, Paris, éditions du Chêne, 1997, 319 pages, Jorge Semprùn, l’écriture de la vie, Gallimard/Folio, 2004 et Entretiens entre Jorge Semprun et Gérard de Cortanze.

Ses derniers livres sont plutôt des essais, des ouvrages de réflexion sur l’avenir (L’homme européen, Où va la gauche ?) sur sa terrible expérience des camps (Mal et modernité, Une tombe au creux des nuages, Exercices de survie) ou le rôle de l’écriture (Le langage est ma patrie) après le travail de mémoire de L’écriture ou la vie
Ses dernières œuvres :
* 2005 : L’homme européen, avec Dominique de Villepin, collection Tempus, éditions Perrin
* 2008 : Où va la gauche ?, éditions Flammarion
* 2010 : Une tombe au creux des nuages, Essais sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui, collection Climats, éditions Flammarion
* 2012 : Exercices de survie, éditions Gallimard
* 2013 : Le langage est ma patrie, Éditions Buchet/Chastel


Mes articles sur l’œuvre de Semprùn repris dans ce Livre Groupe de Wikipédia

* Voir aussi mon Site Jorge Semprùn --

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