vendredi 16 janvier 2026

Un livre, un débat 2026

 Programme du 1er semestre 2026


« L'Italien », Perez-Reverte (Espagne), mardi 3 février,14 h
Le combat de torpilleurs italiens contre la marine anglaise pendent la Seconde guerre mondiale et l'histoire d'amour entre 
Elena la libraire et Teseo l'italien du commando.

« Le rêve du jaguar » (2024), Miguel Bonnefoy (Franco-Vénézuelien), mardi xx,14 h

Antonio aurait dû connaître une vie de mendiant, mais son énergie et son chemin de vie vont brouiller les cartes : vivant de petits boulots, il deviendra chirurgien avec l'aide sa femme Ana-Maria. Ils partiront finalement à Paris avec leur fils Cristobal.

« Un endroit où aller » (2007), Robert Penn Warren (Américain), mardi xx,14 h
Les aventures de Jed Tewksbury, ses liens avec le sud, la guerre et sa liaison avec Rozelle. Un homme en quête de sa propre vision de "l'american dream".

« Le chemin des morts » (2018), François Sureau (France), mardi xx,14 h
Un ancien militant basque réfugié en France, soit-disant menacé, refuse de rentrer en Espagne créant des tensions entre les deux pays.

« Impossibles adieux » (2023), Han Kang (Corée), mardi xx,14 h
Sur l’île de Jeju, en Corée du Sud, une femme affronte une tempête de neige, ses angoisses et le souvenir des violences politiques du XXᵉ siècle.

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Miguel Bonnefoy, « Le rêve du jaguar » (2024) - "On est tous fils d'un rêve de jaguar" - 

"La littérature, une allumette craquée pour apercevoir l’épaisseur des ombres".

Un récit familial multigénérationnel, sur 3 générations, dans un Venezuela traversant dictature, démocratie, coups d'État et révolutions. Dans cet univers, chaque personnage tente de transformer sa vie en un destin personnel. Ses grands-parents, passeront d'une jeunesse miséreuse au statut de médecins reconnus.

"Quand l'excès nuit au récit" : sa prose foisonnante et baroque contient trop de contes et de légendes, trop d'effets de style, comme dans la description de la décoration d'un bordel baroque. 

"
Ses romans : des fresques vibrantes pour les uns ; une débauche stylistique qui pique les yeux pour les autres". (Le nl obs)
Voir aussi : Le rêve du jaguar, Héritage, Sucre noir -

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Robert Penn Warren, (2007) « Un endroit où aller » - Ed. Babel, 608 pages -

"Le fils d’un bon-à-rien et d’un modèle d’obstination résignée".

Un homme du sud vers 1918 dans une misérable ferme de l'Alabama, pris entre amours, violences et passions. Une vie de déraciné qui ne trouve aucun havre où se poser. Une vie qu'il voit comme une succession de routine et de temps forts constituant une psyché où sont mis en relation ces différents moments. 


Libéré d'un père alcoolique, une mère obstinée à lui donner une éducation rigide pour devenir un homme reconnu, sans passé. Suit une vie "raisonnable" : faculté de Chicago, guerre en Italie, sage mariage avec la fille d’un pasteur. Mais ce veuf précoce va connaître la passion avec Rozelle Hardcastle dans une communauté bohème de Nashville.


Souvent comparé à Philip Roth par leurs thèmes communs comme un roman sur un enseignant en littérature, plutôt isolé, insatisfait, porté sur le sexe et les questions existentielles (fuite du temps, solitude, définition du bonheur)
Voir aussi Tous les hommes du roi, (1946), puis La grande forêt et Les rendez-vous de la clairière.

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François Sureau, « Le chemin des morts » , Gallimard 2013/Folio 2018, 50 pages

    "L'oral et le doute face à la preuve et à l'écrit".

Épisode I : La demande d'asile d'un ancien militant basque, exilé en France et redoutant d'être assassiné, est rejetée. (commission des recours des réfugiés)
Épisode II : Après son retour en Espagne, il est effectivement exécuté.


Chez les Basques, « Quand un membre de la famille meurt, il est conduit par un chemin particulier, que l’on appelle le chemin des morts »,
Souvenir indélébile chez Sureau, de cet homme qui avait confiance en la justice française mais c'était sans compter sur la puissance de la raison d'état.
 

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Consolation

 

« C’est un ami de l’enfance,
(que) Nous prêta la Providence...
Il n’est plus ; notre âme est veuve,
Il nous suit dans notre épreuve... »

Pensée des morts - Alphonse de Lamartine

 

C’était au temps de notre jeunesse
Quand s’est éteinte toute allégresse
Sur cette longue route ennemie
M’arrachant à jamais mon ami.


C’était par une belle journée
Que par un superbe soir d’été
A disparu ce très cher ami
Terrassé par un mal infini.


C’était je ne sais plus vraiment quand,
Il y a maintenant si longtemps 
Que m’est advenu ce deuil immense
qui a vraiment marqué mon enfance.


C’était il y a bien des années

Que survint alors, inopiné,
Ce drame qui me laissa muet,
Auquel on ne s’habitue jamais.


C’était... oh, à quoi bon recenser
Tous ceux qui hélas nous ont quittés,
Tous ces bons amis trop tôt partis
Quelque part vers leur Paradis.
La vie qui coule dans le lit de l’oubli
Agit alors comme une amnésie,
Le temps qui passe et son érosion
est notre seule consolation.

 

*** Voir également ***
Document utilisé pour la rédaction de l’article Brassens, Pensées des morts --

*** Mes fichiers sur ce thème ***
Document utilisé pour la rédaction de l’article Que peut l'amitié ? (2025) -- Vertu du hasard -- 
Document utilisé pour la rédaction de l’article 
Poésies 2025 -- Deux ans déjà (3) --

 

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Jour de frimas

 

Plus la date fatidique approche
Plus ton image me devient proche,
Au fond de ma mémoire, une ombre passe
Quand le temps s’enfuit, quand la vie trépasse.


Plus avance la date fatidique
Plus m’apparaît son caractère inique
Plus alors se ravive la douleur
Même s’il n’y a plus guère de pleurs,
Même si dans le secret de mon cœur
Je sens émerger quelque réconfort.


Je laisse filer, s’écouler le temps,
Viendra bien assez tôt le printemps.
Je laisse s’éloigner les échéances,
Et s’étendre peu à peu le silence.


Quand la neige recouvre tous ces beaux
Paysages d’un éclatant manteau, 
Décembre, dans ses frimas hivernaux,
Est maintenant comme toi : en repos.

 

*** Mes fichiers sur ce thème ***
Document utilisé pour la rédaction de l’article Que peut l'amitié ? (2025) -- Vertu du hasard -- 
Document utilisé pour la rédaction de l’article 
Poésies 2025 -- Deux ans déjà (3) --

 

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mardi 13 janvier 2026

Han Kang Impossibles adieux

RéférenceHan Kang, Impossibles adieux, éditions Grasset, traduction Kyungran Choi et Pierre Bisiou, août 2023
- Prix Médicis étranger en 2023 et prix Nobel en 2024


« Hymne à l'amitié, éloge de l'imaginaire, réquisitoire contre l'oubli. »

    
Impossibles adieux 
Prix Médicis 2023   Han Kang

Comme un long songe d’hiver, Impossibles Adieux nous fait voyager entre la Corée du Sud contemporaine et sa douloureuse histoire.

Inseon habitant sur l'île de Jeju, revient sur le continent suite à un accident. Son amie Gyeongha doit revenir à Jeju en avion pour s'occuper de son perroquet blanc. Chez Inseon, elle découvre des archives sur l'histoire de la famille d'Inseon et un terrible massacre.

Mais à son arrivée, une tempête de neige s’abat sur l’île, l'empêchant de rejoindre la maison de son amie. Sa situation est critique et elle se demande si elle pourra sauver l’oiseau d’Inseon.

Chez son amie, des archives lui révèlent l’un des pires massacres de communistes que la Corée ait connu – 30 000 civils assassinés entre novembre 1948 et début 1949.

Sur ce fond historique tragique, Impossibles adieux promeut l’amitié et se veut une lutte contre l’oubli. Au-delà du roman, ce qui émerge est le poids d'un secret d'État, véritable mémoire traumatique qui éclate au grand jour.

  

C'est un récit poétique mélangeant songe et réalité, sur fond de période tragique restée longtemps taboue. À travers la mémoire de la mère d'une des deux héroïnes sont retracés les événements d'août 1948 quand dans l'île de Jeju, des groupes de gauche ont combattu le nouveau régime sud-coréen et ont été violemment réprimés. 

        

Voir également
* Parcours de Han Kang --

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mardi 30 décembre 2025

Site Commémo, poèmes, Synthèse

 Les articles dédiés à ce site  








 Dernières parutions 1. Consolation - 2. Vertu du hasard - 3. Jour de frimas - 4. Que dire après ça ? -
 
 Poésies et récap  1. Poésies 2025 - (récap 2025) - 4. J'aime à penser (?) -
 
 Fichiers envoyés II

 1. Album photos V (2023) - 2. Lien d'amitié VI (2024) - 3. Que peut l'amitié ? VII (2025) - 4. xxx -
 

 Fichiers envoyés I

 1. C'était hier I, Souvenirs d'enfance I -  2. Salut l'ami I - 3. Ode à Jean-Claude II – (2021) - 4. Deux ans déjà (III) (2022) - 5. Le temps s'enfuit IV (2023) -

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vendredi 26 décembre 2025

Dis maman…

 

Papa m’a dit l‘autre jour qu'il fallait « s’éblouir » dans la vie ! Quel mot curieux. Des fois, papa il n’est pas facile à comprendre.
- Oui, a-t-il précisé sur ma demande, l’école par exemple, ou le travail, mon dieu… ce mot qui proviendrait du latin « tripalium », un instrument de torture à trois pieds. Ce qui ne donne pas vraiment envie. Mais il ne faut pas forcément s’en tenir à cette première approche.
 
- Dis maman, qu’est-ce que ça veut dire « S’éblouir » ?
Ma mère leva la tête de son repassage, poussa un profond soupir et me dit : « Va donc demander à ton père ».
Je n’étais pas plus avancée, d’autant plus décevant que ma recherche sur internet n’avait pas répondu à mes attentes.

- Dis maman, « S’éblouir » tu ne trouves pas qu’il est curieux ce mot ? Dis-moi, est-ce qu’il t’arrive parfois d’être « éblouie » ?
- Bon sang, qu’est-ce qu’elle raconte encore cette gamine. Crois-tu que j’aie le temps de m’éblouir avec tout ce que j’ai à faire.
- Pourtant, d’après papa, c’est essentiel.
- Ah, nous y voilà. Je reconnais bien là tout ton père. Il a dû m’éblouir comme l’astre solaire, sans doute parce que j’avais oublié mes lunettes de soleil. Comme quoi…
Sa remarque avait l’air de l’amuser, je ne sais pourquoi. Décidément, les adultes sont difficiles à comprendre. De fait, j’en était réduite à retourner voir mon père.

- Dis papa… je vis bien à son air goguenard qu’il attendait que je revienne vers lui.
- Oui ma fille, je suis tout ouïe.

- C’est à propos de ta remarque de l’autre jour sur l’importance de « S’éblouir ».
- D’abord, ça n’arrive pas comme un coup de baguette magique, il faut susciter, s’impliquer, ça demande un effort
Ouais, c’est encore un moyen pour m’inciter à travailler à l’école. Un malin mon père. Il faut dire que je m’en tiens au plus petit commun dénominateur comme dirait mon prof de maths. Il ne faut pas donner de mauvaises habitudes aux parents. Plus tu as de bonnes notes, plus ils en redemandent. Ils sont insatiables. C’est sans fin. Moi, je ne suis pas vernie. Mon père, son truc, c’est le français, l’orthographe, l’expression écrite et tout le tintouin, ma mère son truc c’est les maths…

Heureusement que j’ai Mamie pour me remonter le moral. Parfois, elle vient me chercher à la sortie de l’école, elle m’offre une petite gâterie à la pâtisserie de la place où parfois on retrouve ses copines. On ne parle jamais de l’école, jamais des choses qui fâchent.

Parenthèses qui me détendent, qui me lavent la tête, un peu comme avec mes copines, mais avec Mamie, on n’aborde pas les mêmes sujets. Elle veut tout savoir sur mes amies, il faut dire qu’elle est un peu pipelette et je la soupçonne de tout leur raconter. Et de s’en délecter.

Je ne lui cache rien. Je lui ai même avoué qu’il y a peu, j‘avais oublié de faire un devoir et je m’en suis aperçue dans la cour, quand Angélique m’en a parlé. Trop tard. Catastrophe. Tout de suite, je me suis fait du cinéma, zéro pointé à l’exercice, trois heures de colle, cris de ma mère, raillerie de mon père, consolation navrée de Mamie… mini drame psy, de quoi me faire perdre tous mes moyens. Les adultes doivent avoir des dispositions particulières pour se noyer dans un verre d’eau.
Mon amie Angélique, qui est championne en expression écrite, m’a dicté un texte que j'ai copié avec avidité. Évidemment, je n’en ai jamais parlé aux parents, c’aurait été une sacrée prise de tête et j’en aurais entendu parler jusqu’à ma majorité.

Ce qui m’irrite parfois chez Mamie, c’est qu’elle leur trouve toujours des circonstances atténuantes, surtout à mon père, son grand homme de fils. J’en suis parfois un peu jalouse. « Ah, ton fils, toujours ton fils ! »
C'est sorti tout seul. Et ça la fait rire. Alors, ça m’a encore plus énervée.

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- Dis Mamie, lui demandai-je à brûle-pourpoint, tu crois qu’il faut « s’éblouir » dans la vie.
- Oh, oh, il y aurait ton père derrière cette question que ça ne m’étonnerait pas.
- Ah, ah, perspicace cette Mamie !
- Qu’est-ce que tu crois. - Il t’a expliqué.
- Pas vraiment. Pour faire court, ton cher fils pense qu’il faut se projeter pour changer sa vie et combattre les contraintes du réel.
- Bien, bien, tu as tout compris, dit-elle sans doute pour me rassurer.
Et elle changea de conversation.

Quelque temps après, alors que Manta suait depuis un bon moment sur un devoir de français, insatisfaite de son travail, elle fut submergée par des images qui lui ouvraient la voie à une autre vision. Sa plume se mit à courir sur le papier en entraînant la main dans un rapide processus de création. Les idées se combinaient toutes seules, animées par leur seule dynamique.

Manta se sentit glisser dans une autre dimension entre la fiction en gestation et la réalité de son travail. Elle était comme transportée par une force supérieure, douce et puissance. Puis soudain, comme il s’était ouvert, l‘interstice se referma, la magie disparue, de nouveau prisonnière de la pesanteur, la laissant à la fois interdite, heureuse et épanouie. Elle avait ainsi rejoint son père sur le chemin, plein d’embûches, du mystère de la création.

Son amie Angélique, surprise de la note qu’elle obtint, l’apostropha :
- Ben alors, incroyable, ce jour-là, tu avais vraiment mangé du lion !
- Oh probablement, répliqua Manta, magnanime, que je n’étais pas dans mon état normal.
 

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<< Christian Broussas - Dis maman -  © CJB  11/12/2025 >>
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vendredi 19 décembre 2025

Arturo Perez-Reverte, L'Italien

 Référence : Arturo Perez-Reverte, L'Italien, éditions Gallimard, Collection Le monde entier, traduction Robert Amutio, 448 pages, août 2024 

   Arturo Perez-Reverte en 2024

« Les livres de Dumas sont les premiers que j'ai lus quand j'étais jeune... Dumas m'a laissé une certaine façon d'entendre la littérature (...) et surtout la manipulation de l’histoire et l'introduction des éléments forts. »

Arturo Perez-Reverte (né en 1951) est surtout connu pour sa suite romanesque intitulée Les Aventures du capitaine Alatriste, (7 tomes, 1990-2010) [11] à la fois roman historique et picaresque, peinture de l'Espagne du Siècle d'or (XVIIe siècle).  

               
 L'Italien
                      Une affaire d'honneur
     

Dans L'Italien, il évoque un épisode de la Seconde guerre mondiale illustrant la lutte entre des plongeurs italiens et la marine anglaise. La trame narrative repose sur une jeune femme Elena Arbués qui vient en aide à un italien Teseo Lombardo [12] impliqué dans une opération navale contre la Royale Navy. En l'aidant, elle s'engage dans une voie dangereuse, traquée par le flic Harry Campello.

Une histoire de guerre et d’amour ? Certes... ou alors, une référence historique, la légende celle d'Ulysse rejeté par la mer après un naufrage dans L’Odyssée, puis recueilli sur les côtes du royaume phéacien (Corfou) par une jeune femme, Nausicaa. [1] Retour du mythe du héros, Teseo Lombardo «
 corps dur et musclé, cheveux mouillés, profil de statue grecque, bien ciselé, sur lequel le bronze d'un casque antique s'adapterait naturellement. » [2]

      

Sur le plan structurel, la narration alterne entre la relation Elena-Teseo, la guerre sous-marine et le narrateur qui enquête en Italie, ajoutant au récit documents et témoignages.
 
Olterra est le nom de la librairie ouverte à Venise par Elena, qui est aussi le nom d'un navire sabordé dans la baie d'Algésiras en juin 1940 puis a servi de base arrière aux torpilleurs italiens pour attaquer la marine anglaise.

Relations entre personnages
- entre Elena et son père  (p 352)
--> éclaire les obscures raisons du comportement d'Elena. (sur le patriotisme, voir p 300)
--> son père anti-héro : "C'est toi qui m'a appris à aimer les héros" (p 264) et "Je voulais confirmer ma perception du héros". (p 265). Elle se voit comme une étrangère,
[cf l'Énéide : "Nous allons, mêlés aux Grecs, dont les dieux ne sont pas les nôtres". (p 267)] et 
se veut une héroïne : "Je me bats parce que je me bats ?" (p 267)

- relations Teseo-Elena :
Elle le traite de naïf mais s'en veut de l'être et devient rigide (« 
Venez ici je vous prie... Approchez-vous »)
Lui bredouille, très peu italien (« 
Je crois que je dois... Pourquoi ? »)

- relations entre marins :
Amitié puis haine après le retournement de l'Italie, quand les fractures reviennent entre les fascistes et les autres.

      

Portrait de Teseo : "bronzé, lunettes noires, manches de sa chemise blanche retroussées sur les avant-bras"... (p 28)  + "corps dur et musclé, cheveux mouillés. profil de statue grecque, bien ciselé... des yeux verts intenses" (p 50)... "Un homme parmi tant d'autres, nés héros mais ne le savent pas." (p 72) [2]
Échanges sur l'amour entre le docteur Samuel Zocas, l'archiviste Pepe Aljuraque et la bibliothécaire Nazaret Castejón (p 182-86), discussion convenue (p 38-42) 
"L'amour des cœurs transpercés de flèches est une escroquerie absolue." [...] "recours pour poètes et romans de gare" (p 186)

  Territoire Comanche

L’italien (commentaires), fond et forme
- « Si vous cherchez une belle histoire d’amour, d’aventure et de guerre, avec des personnages dignes d’un film hollywoodien des années 50, style Ingrid Bergman et Humphrey Bogart, L’italien est pour vous. »  (Jean-Marc Laherrère)
--> Squarcialupo pense à Giovanna sa fiancée : « des yeux très noirs  et une poitrine opulente et des hanches qu'elle balance magnifiquement ... quand elle marche sur la via  Speranzella en faisant trembler la rue. Même les saints dans leur niche, se penchent pour la regarder. »

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- « Un roman qui embarrasse. Des personnages exaltant héroïsme et patriotisme, ressemble fort à une valorisation du fascisme italien. Occultation du contexte fasciste de la situation. » (Article wordpress)
--> Journaliste et correspondant de guerre, il a bourlingué pendant une vingtaine d'années (1973-94) [13] avant de se consacrer à l'écriture. Dans ses articles, il dénonce beaucoup de pratiques progressistes comme le néolibéralisme ou l'Union Européenne, comparant l'immigration en Europe aux invasions barbares, origine de la chute de l'Empire romain, prônant la lutte contre l'islam.


Les objectifs du romancier, contradiction
--> "Je recréais un monde à ma façon... avec la certitude que paradoxalement, la fiction permettait de pénétrer plus profondément dans ce qui était arrivé, que le simple récit des faits. (p 297)
--> "Je me contente d'essayer d'écrire de bonnes histoires." (p 301)

Notes et références

[1] « Rejeté par la mer après un naufrage, Ulysse, dans L’Odyssée, fut recueilli sur les côtes du royaume phéacien par une jeune femme, Nausicaa. C’est la légende.  » Télérama
[2] Autre notation : « E
lle repense à lui... aux yeux verts d’herbe mouillée, aux bras et aux épaules puissants, au menton viril. Au sourire qui éclaire son visage en l’entaillant d’un éclat de lumière magique...
 » 

Infos complémentaires
[11]
Série constituée de : Le capitaine Alatriste,  Les Bûchers de Bocanegra, Le soleil de Bréda, L’or du roi,  Le Gentilhomme au pourpoint jaune, Corsaires du Levant, Le Pont des assassins. Un tome 8 "Mission à Paris" est en préparation
[12] Peut-être référence à Thésée, roi d'Athènes et vainqueur du Minotaure.

[13] On peut citer la première guerre du golfe, la Croatie et la Bosnie, Chypre et le Liban, les Malouines, Les guerres d'Afrique et d'Amérique latine.
 

Voir également
* Teseo lombardo : cf Teseo Tesei -- * Critique sur WP --
* Référence à l'Énéide --

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