mercredi 22 octobre 2014

Gabriel Chevallier de Lyon à Clochemerle

L'écrivain Gabriel Chevallier (3 mai 1895, Lyon - 6 avril 1969, Cannes)
                   Gabriel Chevalier       Musée Gabriel Chevalier à Clochemerle         Gabriel Chevalier
Gabriel Chevallier dites-vous... Ah bien sûr, la pissotière de Clochemerle qui a rendu célèbre de Vaux-en-Beaujolais, le village où est censée se dérouler l'action... L'auteur s'en défend, mais que peut-il contre la "vox populi" ! Son roman haut en couleurs et truculent, par son succès même a largement effacé l'auteur et son œuvre. La meilleure et la pire des choses pour Gabriel Chevallier qui s'en est expliqué dans un autre ouvrage intitulé L'envers de Clochemerle en 1966.
Sa jeunesse, Gabriel Chevallier l'a égrenée dans les deux tomes de ses Souvenirs apaisés. Dans Chemins de solitude, il évoque son enfance lyonnaise, sa vie dans un agréable quartier du 5ème arrondissement, le Vieux-Lyon, entre ses parents, son père clerc de notaire, « fils d'une bourgeoisie un peu déclinante qui avait eu des revers depuis une trentaine d'années. »

Il se penche sur le temps de son enfance, cette "belle époque" de l'avant-guerre qu'il appelle « l'âge du pétrole, » lui trouvant un air désuet certes, mais lui reconnaissant aussi une « certaine tenue. » Puis une adolescence gâchée par la guerre qui le marquera à jamais [1] Il va la régurgiter 'sa' guerre dans son roman La Peur paru en 1930, [2] une œuvre saisissante dont son ami Bernard Clavel dira que c'est une peinture d'une telle intensité  qu'elle parvient à transcrire la terrible réalité. [3]

Son après-guerre sera faite de petits boulots [4], une vie de bohème en ces « temps incertains », un monde englouti par la guerre et plein de désillusions. Pour sa bande de copains conduite par Henri Béraud, c'est l'époque de la brasserie du Nord ou de la taverne La Ratière située derrière l'Hôtel-Dieu près des quais du Rhône, c'est aussi le temps de la peinture avec le groupe des Zignards de Marius Mermillon. [5] Car sa vocation fut d'abord la peinture. A16 ans, il fréquentait déjà l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon mais la guerre interrompit brusquement sa formation.

De Lyon il disait que « c'est une ville de peintres. Son ciel, ses perspectives, ses fleuves et ses environnements prédisposent à l'expression plastique. » Il cherchait alors cette lumière miroitante que traquera plus tard Bernard Clavel  sur les bords du Rhône à Vernaison. Ils mettront tous les deux un peu de temps à s'apprivoiser et Bernard Clavel dira toute sa détresse lors de la disparition de son ami qui l'avait incité à partir pour Paris tenter sa chance.


Repères bibliographiques
* La série des "Clochemerle" : Clochemerle (1934), Clochemerle-Babylone (1951), Clochemerle-les-Bains (1963), L'envers de Clochemerle (1966);
* "La Peur", 1930, rééditions PUF 1985, LGF 2010
* "Lyon 2000", éditions PUF, juillet 1958
        
                                 Oeuvres de Gabriel Chevalier

Références

  1. Croix de guerre 14-18 et chevalier de la Légion d'Honneur.
  2. « On enseignait dans ma jeunesse — lorsque nous étions au front — que la guerre était moralisatrice, purificatrice et rédemptrice. On a vu quels prolongements ont eu ces turlutaines : mercantis, trafiquants, marché noir, délations, trahisons, fusillades, tortures; et famine, tuberculose, typhus, terreur, sadisme. »
  3. Gabriel Chevallier a 19 ans en 1914, quand la guerre éclate. Il s’engage dès le premier jour. Simple soldat dans l’infanterie, il est blessé après un an de guerre, pendant la bataille d’Artois. Après un séjour à l’hôpital il retrouve les tranchées. Il y reste jusqu’à la fin de la guerre, au Chemin des Dames et dans les Vosges.
  4. Il exerça divers métiers tels que retoucheur de photographie, voyageur de commerce, journaliste, dessinateur, affichiste, professeur de dessin…
  5. Le groupe des Zignards comprenait aussi Jacques Martin, Adrien Bas, Charles Sémard, Philippe Pourchet...
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