mardi 4 novembre 2014

La laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet

Sous le règne de Louis XVI, l’écologie est à la mode, ou plus exactement une certaine vision romantique  de la vie paysanne. D’où ces « laiteries princières » qu’on trouve par exemple chez les Condé à Chantilly construite entre 1689 à 1694 (mais détruite en 1799) ou celle de Méréville, remontée en partie à Jeurre. Le roi lui-même succombe à la mode et fait construire au château de Rambouillet une laiterie pour sa femme Marie-Antoinette par l’architecte Jean-Jacques Thévenin.

     La laiterie vue générale extérieure

L’inauguration eut lieu en juin 1787 dans le parc du château de Rambouillet, complétant pour la reine ses résidences du Petit-Trianon et du château de Saint-Cloud. La riche décoration sculptée est due au sculpteur de l’Académie royale Pierre Julien (1735-1804), élève de Guillaume II Coustou. Le salon en retonde est rehaussé de quatre médaillons représentant des scènes de genre  comme La distribution de sel aux chèvres ou Le barattage du lait, le Salon frais  d’un grand médaillon montrant une mère allaitant son enfant et deux bas-reliefs sur les thèmes de l’enfance de Jupiter et Apollon en berger.

La perception minérale de l’ensemble est due à la polychromie des marbres, du grès des côtés et du calcaire de la coupole ornée de caissons sculptés en 1786. Du salon en retonde, la console circulaire, la table, le marbre de la base murale et le dallage en étoile datent e la restauration effectuée en 1807.

            
       Le salon retonde                     Grotte de la nymphe à la chèvre

Devant la grotte de la nymphe formée de blocs de calcaire, on trouve un Jupiter enfant nourri par la chèvre d’Amalthée et à l’intérieur Amalthée menant sa chèvre au ruisseau. Les autres richesses que contenait la laiterie furent dispersées pendant la Révolution. Napoléon 1er entreprit de notables transformations en 1807 comme les parties basses des murs plaquées de marbre gris servant de fond à une console ronde de marbre blanc, et les niches des médaillons de Pierre Julien furent de nouveau percées lorsque l’on réinstalla ces médaillons en 2003.

L'ensemble du décor intérieur rompt avec le style rocaille maniériste, l'architecture de sépare des allures pastorales du Petit-Trianon de Marie-Antoinette ou de la chaumière de coquillages de Rambouillet, édifiée en 1779 par le duc de Penthièvre, pour tendre vers un style néo-classique.

         <<<<<<<< Christian Broussas - Feyzin - 27 juin 2013 - © • cjb • © >>>>>>>>

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