dimanche 11 janvier 2015

Jean Reverzy à Lyon

Jean Reverzy sera poursuivi toute sa vie par des problèmes de santé, ce qui peut en partie expliquer sa vocation de médecin. Il naît à Balan dans l’Ain, près de Lyon, le 10 avril 1914, d’un père officier et d’une mère d’origine irlandaise et poursuit des études d’abord à l’école des Chartreux à la Croix-Rousse puis au prestigieux lycée du Parc dans le quartier des Brotteaux.

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Jean Reverzy            Jean Reverzy avec Roger Ikor et Jean-Jacques Lerrant

Si certains l’ont comparé à Céline, disant que si Céline était un écrivain-médecin, lui serait plutôt un médecin-écrivain, [1] il a en commun avec Albert Camus cette prégnance de l’enfance et de l’adolescence qui marque la personnalité : ils sont contemporains, Jean Reverzy naît un an après Camus en 1914 et meurt moins d’un an avant lui le 9 juillet 1959. Tous deux éprouvent ce sentiment d’injustice de perdre très tôt leur père à la guerre [2] et d’être atteints d’une maladie qui les tourmentera toute leur vie. [3] Comme Camus, la maladie va hypothéquer ses études et pour des raisons médicales, il ne pourra passer le concours de l’École navale en 1931. L’année suivante, il commence des études médicales, externe des hôpitaux de Lyon en 1934 puis médecin titulaire en 1939. [4] Il entretiendra une correspondance suivie avec Jacques Chauviré, autre écrivain-médecin lyonnais, dont il fut le condisciple et l’ami à la faculté de médecine de Lyon.

Il a aussi, comme son grand ami Bernard Clavel, une âme rebelle. Son opposition à la politique de collaboration lui vaut de devoir quitter la médecine hospitalière dès 1940 mais dans la foulée, il passe sa thèse de docteur en médecine. [5] Rapidement il rejoint la Résistance, bien implantée à Lyon et dans sa région mais il est arrêté en 1943 et transféré comme beaucoup de résistants, au fort Montluc à Lyon. Il a la chance d’être libéré en juillet 1943 et finira la guerre comme médecin chef dans un maquis de l’Allier.

Á la Libération, il s’installe comme médecin généraliste d’abord à La Mulatière puis avenue Lacassagne à Lyon dans un quartier populaire à la limite des quartiers de La Part-Dieu et de Montchat. [6] Il y restera quelque huit années jusqu’en 1952, quand se produit un événement capital qui bouleverse sa vie : il est victime de malaises, sa maladie s’aggrave au point qu’il craint pour sa vie.

  Durant son voyage en Polynésie

Dès lors, lui qui aime tant voyager, il va en profiter et entreprend un long voyage en Polynésie, écrivant ses premiers articles. Il publie ensuite les deux romans qui lui vaudront un grand succès :
- "Le passage" en 1954, qui lui vaudra le prix Renaudot, parcours de Palabaud, un homme malade, vers la mort. - "Place des angoisse" en 1956, symbole de la place Bellecour lors d’un dîner chez un mandarin lyonnais, où il écrivait déjà : « Et si je redoute encore la mort, malgré la certitude d’un néant mérité, c’est par crainte que rien ne subsiste du merveilleux fardeau accroché à mes épaules. »

Mais la maladie va le rattraper et, après la publication d’un ultime roman "Le corridor" [7], il décède d’un arrêt cardiaque le 9 juillet 1959 à l’âge de 45 ans, lui qui écrivait en 1956 : « Je ne voulais rien comprendre, parce que rien d’humain ne se comprend, mais j’avais trouvé ma place au milieu des hommes. »
                         Œuvres de Reverzy

Références bibliographiques

- Charles Juliet, "Jean Reverzy", éditions L’Échoppe", septembre 1987, isbn 2-84068-006-8
- Revue Sud, hommage à Jean Reverzy, 1987
- Collectif (sous la direction de M. Gleize, Th. Renard et R.Y. Roche), "Jean Reverzy, traces de la ville", éditions Parole d’aubes, 1994
- Collectif (sous la direction de F. Martin-Scherrer), "Lire Reverzy", Presses Universitaires de Lyon, 1997
- Bibliothèque de Lyon : fond Jean Reverzy
- Un livre, un jour, Olivier Barrot présente Jean Reverzy, site INA, 2002

  Le square Reverzy à Lyon IIIème

Autres fiches sur Lyon et sa région

- Jean-Jacques Rousseau à Lyon
- Stendhal à Lyon
- Bernard Clavel à Courmangoux dans l'in
- Roger Vailland aux Allymes dans le Bugey

Notes et références

  1. Article de Michel Chillot, octobre 2003
  2. En 1914 pour Camus et en 1916 pour Reverzy
  3. La tuberculose pour Camus et une affection cardiaque pour Reverzy
  4. Au cours de sa carrière de médecin hospitalier, il travaillera dans les hôpitaux lyonnais, à L’Anticaille, à l’hôpital de la Croix-Rousse et surtout à Grande-Blanche. (actuellement hôpital Édouard-Herriot)
  5. Sujet de sa thèse : L’Épithélioma du rein chez l’enfant
  6. La Part-Dieu n’était alors qu’une vaste caserne de l’armée et le quartier comptait alors nombre d’entreprises et d’usines aujourd’hui disparues
  7. Roman original où il tente, à travers une écriture nouvelle, de décomposer les mouvements de chaque personnage pour leur donner un sens, que certains ont rattaché au Nouveau roman.
        <<<<<< Christian Broussas - Feyzin - 9 septembre 2013 - © • cjb • © >>>>>>>>

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