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Référence : Marc Lambron, Étrangers dans la nuit, éditions Grasset, 360 pages, 2001


Cette Tina White qui fascine Marc Lambron, elle est à Rome en 1960 dans un décor inoubliable qui rappelle la Dolce Vita. On la retrouve à New-York six ans plus tard, devenue l'une des égéries d'Andy Warhol. D'une époque à une autre, elle semble ainsi se  métamorphoser, se couler dans les années pop comme elle s'est coulée dans les années "Dolce vita".

Kate, une autre femme apparaît dans la vie de Jacques Carrère, peut-être le double de Tina qui l'entraîne en 1967 dans la guerre du Vietnam. Ces deux femmes -ou cette femme aux deux visages- nous sert de guide à travers ces époques marquées par l'utopie multicolore et bon enfant des sixties, confrontée à un arrière-plan dominé par la guerre et l'extension du domaine de la drogue.  

Nostalgie des années 60. La musique va sceller la fracture entre les générations, la fin des rythmes afro-cubains genre cha-cha-cha, la guitare électrique consacrée reine du son nouveau où  Jimi Hendrix, jouait de la guitare avec ses dents…
Musique de sauvage certes incapable d’apaiser les  mœurs. 


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Pour faire revivre cette époque, celle de sa jeunesse, il passe par deux personnages, un Français et une Américaine au double visage qui contemple cette époque réinventée par l’auteur, derrière le miroir, espèce aussi de miroir aux alouettes de ces années marquées par une liberté comme nulle autre pareille.
Mais pour quoi faire ?


Il brosse une époque en trois strates marquées par la voix sirupeuse de Franck Sinatra qui murmure Strangers in the night, le hit de l’année 1966, par l’aspect baroque des studios de Cinecitta, la Rome des vespa et des Ferrari, l’aura d’un Roger Vadim, dilettante doué qui choque la "bonne société" avec ses histoires osées et les seins d’Anita Ekberg.

Du côté de l’Amérique, une certaine collusion entre les usines à fantasmes qui inondent de leurs productions en série, formatées et reproductibles à l’infini, sur toute la planète, films, musiques, chansons… et le style Andy Warhol collant à son temps à travers des kaléidoscopes de personnages célèbres du monde du show business. Tout ceci sur fond de Cinderella, qui menait ses esclaves à collier de chien.

Couverture Etrangers dans la nuit

Du côté de l’Asie, dans un Vietnam au climat humide pourri par les jets de phosphore et de napalm, les mines et les bombes qui remodèlent le relief et éradiquent les hommes, sur fond de musique aussi, qui vrillent les oreilles de GI drogués. 

Marc Lambron, dans toute sa nostalgie des années soixante, nous embarque dans une fiction constellée de faits réels et de personnages historiques, ce qui, outre ses qualités littéraires, constitue un superbe témoignage d'une époque assez fascinante.

Voir aussi
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Mes fiches sur ses livres Une saison sur la terre -- Etrangers dans la nuit -- 1941 --
* Présentation d'Olivier Barrot -- Les menteurs --

Christian Broussas – Lambron 2 - 17/10/2016 • © cjb © • >