Programme du 1er semestre 2026
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« L'Italien », Perez-Reverte (Espagne), mardi 3 février,14 h
Le combat de torpilleurs italiens contre la marine anglaise pendent la Seconde guerre mondiale et l'histoire d'amour entre Elena la libraire et Teseo l'italien du commando.
« Le rêve du jaguar » (2024), Miguel Bonnefoy (Franco-Vénézuelien), mardi 10 mars, 14 h - Prix Fémina 2024
Antonio
aurait dû connaître une vie de mendiant, mais son énergie et son chemin
de vie vont brouiller les cartes : vivant de petits boulots, il
deviendra chirurgien et sa femme Ana-Maria sage-femme renommée luttant
contre l'avortement.
« Impossibles adieux » (2023), Han Kang (Corée), mardi 17 avril, 14 h
Sur l’île de Jeju, en Corée du Sud, une femme affronte une tempête de neige, ses angoisses et le souvenir des violences politiques du XXᵉ siècle.
« Un endroit où aller » (2007), Robert Penn Warren (USA), 12 mai 2026,14 h
Les aventures de Jed Tewksbury, ses liens avec le sud, la guerre et sa liaison avec Rozelle. Un homme en quête de sa propre vision de "l'american dream".
« Le chemin des morts » (2018), François Sureau (France), juin 2026,14 h
Un ancien militant basque demande le maintien de son statut de réfugié, se disant menacé de mort en Espagne.
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Miguel Bonnefoy, Le rêve du jaguar (2024) --> basé sur l'histoire d'Antonio le grand-père maternel, sa femme Ana-Maria, leur fille Venezuela.
1ère phrase : « Au
troisième jour de sa vie, Antonio Borjas Romero fut abandonné sur les
marches d’une église dans une rue qui aujourd’hui porte son nom. »
« Dans
toute portée de chats, il y a un jaguar... Il grandit différemment. Il
s’émancipe. Ce sont les bâtisseurs de cette ville. On est tous fils
d’un rêve de jaguar. » p. 289 + p 306 ---> vie rêvée du jaguar = prendre conscience de sa force intérieure.
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Récit familial sur 3 générations, dans un Venezuela traversant dictature, démocratie, coups d'État et révolutions où chacun tente de faire de sa vie un destin personnel. Antonio et Ana-Maria passeront d'une jeunesse miséreuse au statut de médecins reconnus.
Antonio et Ana-Maria :
* Lui : destin épique, chirurgien, lutte contre la dictature, recteur de l'université qu'il a créée.
Elle : première femme médecin-gynécologue, lutte contre l’avortement.
Son rapport à la littérature :
- « La littérature, une allumette craquée pour apercevoir l’épaisseur des ombres. »
- « Il n’y a rien de plus délicieux que de faire plier la réalité pour satisfaire les tentations de la fiction. » dit-il
La lecture comme décompresseur : « La part de refuge ou se reposer du chaos. » (p 270-71)
Conjugue
légende familiale et Histoire du pays (de la découverte du pétrole à
Maracaibo en 1919 aux révolutions et dictatures jusqu'à l'arrivée d'Hugo Chavez en 1999 ).
---> un style "réaliste sublimé" sur fond de réalisme magique (l'imaginaire fait partie de la réalité)
Sa
prose foisonnante et baroque basée sur des contes et des légendes et
parfois d'effets de style. (cf la décoration d'un bordel baroque).
---> fresques vibrantes pour certains, débauche stylistique pour d'autres.
Un roman qui a du style : Voir par exemple p. 37/41/55/62/76 -- Éva-Rosa et le poids du passé : p. 93
---> La révolution de 1958 est évoquée à travers :
- La perception qu'en a Antonio dans sa prison. cf transition avec les klaxons. (p 155)
- Les bruits de la Révolution et l'accouchement de Ana-Maria se télescopent. (p 156) -
[cf Marcos Perez Jimenez (1952-58) & Betencourt (1945-48/ 59-64)]
« Rappelle-toi une chose (ma fille) : On est esclave de ce qu'on dit et maître de ce qu'on tait. » (p 229)
La fin d'Antonio : « L'immortel qui décida de mourir. » (p 277)
Voir aussi : Radiofrance, Héritage, Sucre noir - Sur son style -
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Robert Penn Warren, (2007) « Un endroit où aller » - Ed. Babel, 608 pages -
"Le fils d’un bon-à-rien et d’un modèle d’obstination résignée".
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Un homme du sud vers 1918 dans une misérable ferme de l'Alabama, pris entre amours, violences et passions. Une vie de déraciné qui ne trouve aucun havre où se poser. Une
vie qu'il voit comme une succession de routine et de temps forts
constituant une psyché où sont mis en relation ces différents moments.
Libéré
d'un père alcoolique, une mère obstinée à lui donner une éducation
rigide pour devenir un homme reconnu, sans passé. Suit une vie
"raisonnable" : faculté de Chicago, guerre en Italie, sage mariage avec la fille d’un pasteur. Mais ce veuf précoce va connaître la passion avec Rozelle Hardcastle dans une communauté bohème de Nashville.
Souvent comparé à Philip Roth par leurs thèmes communs comme un
roman sur un enseignant en littérature, plutôt isolé, insatisfait,
porté sur le sexe et les questions existentielles (fuite du temps,
solitude, définition du bonheur)
Voir aussi : Tous les hommes du roi, (1946), puis La grande forêt et Les rendez-vous de la clairière.
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François Sureau, « Le chemin des morts » , Gallimard 2013/Folio 2018, 54 pages
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Chez les Basques, « Quand un membre de la famille meurt, il est conduit par un chemin particulier, que l’on appelle le chemin des morts ». (p 33 + p 59)
"L'oral et le doute face à la preuve et à l'écrit".
Acte I : Le contexte
Qu'en est-il de la jurisprudence (p 26) et de l'instruction du dossier ? (puissance du GAL)
Acte II : La demande d'asile d'un ancien militant basque, Javier Ibarrategui, exilé en France et redoutant d'être assassiné, est rejetée. (commission des recours des réfugiés)
L'audience = exemple de non communication (p 48-50)
Acte III : Après son retour en Espagne, il est effectivement exécuté.
---> les juges sont-ils responsables ?
---> décision prise AVANT l'audience ? cf remarque éclairante de Georges Dreyfus (p 52)
Acte IV, le remords : Souvenir indélébile chez Sureau, de cet homme qui avait confiance en la justice française mais victime de la raison d'état : « La faute a des pouvoirs que l’amour n’a pas. »
---> cas de conscience pour Sureau ---> pas pour les autres ?
Acte politique transformé en acte administratif d'une commission qui permet de ménager l'Espagne couvrant les activistes du GAL tout en sauvant les apparences sous couvert d'une logique juridique ratifiée par les "serviteurs de l'État". (voir son roman "L'obéissance")
« Lorsqu'un juge adopte une solution, c'est bien souvent que la décision inverse lui paraît impossible à rédiger, pas davantage. »
Voir également
[1] Généralisation : « Un vieil homme parlait de ses origines, ce que personne ne faisait à l'époque ». (p 31) « L'auteur et ses amis pensaient que c'était des niaiseries ».
* Sureau : Le défi des migrants (contribution) (2019), membre de l'Association d'aide aux réfugiés Pierre-Claver -
* Voir aussi : S'en aller (2024), La corruption du siècle (1988) - L'infortune -
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<< Christian Broussas • Un livre, un jour © CJB ° 09/01/2026 >>
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