Matilde Serao, ( est une journaliste et romancière italienne d'origine grecque par sa mère. Avec son mari Edoardo Scarfoglio, elle fonda le journal Il Mattino en 1892 puis son propre quotidien Il Giorno. Elle a été la première femme en Italie à diriger un grand journal.
Matilde Serao Avec son mari Edoardo Scarfoglio La vertu de Checchina
Elle collabore à différents journaux puis, installée à Rome, elle publie cinq recueils de nouvelles qui la font connaître. Le couple déménage à Naples ou il fonde successivement deux journaux Il Corriere di Napoli puis Il Mattino.
Son
œuvre littéraire comprend plus de quarante volumes de romans et de
nouvelles où elle dépeint le quotidien de la classe ouvrière napolitaine
dans un style très personnel et très réaliste. Elle a écrit aussi pour La revue blanche aux côtés de Marcel Proust et Guillaume Apollinaire et fut souvent présente au célèbre salon parisien de la comtesse Rosa de Fritz-James.
Matilde Serao continue son œuvre littéraire, publiant notamment Il Ventre di Napoli,
où elle décrit la misère et les difficultés d'une ville touchée par le
choléra, l'incurie des autorités locales contrebalancées par la grande
solidarité entre les habitants. [1] Elle créera ensuite son propre journal Il Giorno di Napoli dont les locaux seront saccagés par les fascistes en 1922 et mourra 5 ans plus tard.
Matilde Seraot lisant
Le ventre de Naples : véritable réquisitoire de celle qu'on appelait la Zola italienne.
Autant témoignage qu'œuvre littéraire, Le Ventre deNaples a été composé par Matilde Serao
entre 1884 et 1904. Avec un grand sens du détail et une peinture fort
bien brossée, elle décrit le quotidien de quartiers populaires de Naples alors en pleine transformation urbaine.
Qu'il s'agisse de nourriture, de maladie, de logement, donc de tout ce
qui concerne les conditions de vie, de la pression des superstitions
sur les individus ou encore la passion pour des jeux comme le loto [2], tout est évoqué simplement, avec rigueur et empathie. Ce qui n'est pas incompatible.
Un
peuple de petites gens qui, malgré leurs difficultés quotidienne, ont
développé une extraordinaire aptitude à rêver. Elle met l'accent sur
leur sens de l'entraide qu'ils manifestent à toute occasion et déplorent
le manque d'engagement et de réactivité des hommes politiques et des
urbanistes pour leur offrir des conditions de vie décentes.
Notes et références [1] Paru en France sous le titre "Le ventre de Naples" en 2010 aux éditions des Cahiers de l'Hôtel de Galliffet [2] Voir son roman "Le pays de Cocagne" qui traite de l’obsession de la loterie chez les Napolitains.
Référence : Jean Galmot, Quelle étrange histoire, Éditions et librairie Paris, 1918
Jean Galmot, portraitJean Galmot, film
Aventurier, homme d’affaire, député et … écrivain. Jean Galmot a
été tout cela et surtout un humaniste toujours au service des plus
démunis, ceux que les pouvoirs économiques et politiques n'hésitent pas à
exploiter sans vergogne.
Outre ce témoignage, l'écrivain suisse Blaise Cendrars lui a aussi consacré un de ces romans les plus connus intitulé Rhum où il écrit : "Voilà
un homme qui dès son arrivée que ces noirs et ces indiens ne sont pas
d'une race inférieure mais des hommes donc des frères et qu'au surplus,
ce pays est le leur, que par conséquent ce qu'il produit est aussi à eux
et qu'ils doivent en profiter."
À 27 ans, Jean Galmot est déjà chercheur d’or en Guyane où il fait rapidement fortune. Il en profite pour rendre service au petit peuple en lui garantissant des prix d’achat pour l’or et le bois de rose puis aux petits producteurs de rhum face aux gros exploitants.
Bien sûr, tout ça ne plaît pas au lobby politico-économique des colons locaux qui rêvent de s'en débarrasser.
Élu député en 1919 il est rapidement inculpé pour escroquerie et fera 9 mois de prison. [1] Sa mort subite en 1928, sans doute par empoisonnement donnera lieu à de violente émeutes.
Malgré tout, il a eu le temps d'écrire deux romans souvent réédités : Quelle étrange histoire… en 1918, hommage à la mer et à la jungle guyanaise et Un mort vivait parmi nous en 1922.
Quelle étrange histoire - Un mort vivait parmi nous - Un homme des tropiques
La
première partie du roman est consacrée à la traversée de l’Atlantique
en des temps tempétueux. Il rencontre ensuite une blonde mystérieuse que
les hommes convoitent et qui aura une liaison avec le médecin du bord,
épileptique et dépendant à l’éther, qu’elle quittera pour le narrateur
avant de le quitter.
La seconde partie , il se retrouve chasseur et chercheur d’or dans la forêt guyanaise où il poursuit cette femme avec des Saramacas et Lily, jeune indienne avec qui il vit.
Un récit de voyage atypique par sa narration décalée et imagée : "Le
soir accablé vient si lentement que la nuit le gagne déjà. La nuit
tombe sur la lumière rouge du soleil couchant comme un rideau de théâtre".
Certains ont parlé d'une prose poétique avec ses descriptions colorées,
les rapports entre le bateau et la mer ou la peinture pointilliste de
ses personnages , au point qu'on évoque le lyrisme d'un Saint-John Perse.
Voir également [1] Voir Blaise Cendrars "Rhum : l’aventure de Jean Galmot", 1930 et aussi Louis Chadourne, "Terre de Chanaan", 1921 et Le Pot au noir, 1922
Une certaine idée de la France : La troisième république entre Poincaré et Clemenceau
L'eau et le feu
Rien de plus antinomiques que ces deux hommes qui ont pourtant été obligés de s'entendre pendant la Grande Guerre,
entente certes de façade que dément les notes et lettres houleuses
qu'ils se sont échangées. Rien de plus différents que leurs échanges,
plutôt tempérés et même froids chez Poincaré, plutôt musclés chez Clémenceau. [1]
Clémenceau était bien le reflet de son surnom "Le Tigre", pugnace, têtu et même rancunier à l'occasion, Poincaré celui que Clémenceau avait baptisé lemeusosaure, archétype de l'homme de l'Est, de la Meuse, mesuré et réfléchi, "mou" ajoutera-t-il. De lui, il écrira : « C’est au caractère vendéen que je dois le meilleur de mes qualités. Le courage, l’obstination têtue, la combativité. » [2]
Leur opposition a commencé très tôt. Dès juin 1899, dans une formule assassine qu'il affectionne, Clémenceau qu'on appelait alors "le tombeur de ministères", écrivait : « Le don de Poincaré n’est pas à négliger : c’est l’intelligence. Il pourrait faire remarquablement à côté de quelqu’un qui fournirait le caractère. » Propos fort pertinent quant au fond mais qui va contribuer à priver le jeune parlementaire lorrain plein d'ambition de laprésidence du Conseil.[3]
En 1906, Clémenceau qui doit former le prochain gouvernement, propose à Poincaré de
le rejoindre. Il décline l'invitation, sans doute parce qu'il visait
lui aussi le poste, même s'il juge que ce dernier manque un peu d'allant
— c'est lui qui est à l'origine de l'expression « poincarisme » dans son journal Le Bloc du .
La mésentente continue à l'occasion des Présidentielles de 1913, Poincaré
perd les primaires mais, contrairement à l'usage, se maintient et est
ensuite élu avec les voix de la droite. Une trahison pour Clémenceau.
Les festivités à Strasbourg en décembre 1918
Dans le privé, les relations sont très distantes, parfois explosives.
Sur la stratégie à mener en 1918 quand on sait que la guerre va prendre
fin, Poincaré voudrait prolonger la guerre jusqu'à la prise de Berlin tandis que Clémenceau préférerait arrêter le plus tôt possible l'hémorragie humaine et signer l'armistice. D'où le qualificatif de "Poincaré la guerre" qu'on lui a parfois accolé. Jalousie quand Clémenceau était appelé le "Père de la victoire". Dans un grand élan héroïque, il dira le 11 novembre 1918 : « La France, hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, sera toujours le soldat de l’idéal »
Entre eux, peu à peu, les relations s'aigrissent. Les échanges aussi
bien oraux qu'épistolaires prennent une tournure plus dramatique au
point que Clémenceau menace de démissionner suite à des propos de Poincaré qu'il n'a pas admis et qui de son côté n'apprécie pas d'être mis à l'écart des prises de décisions. Dans ses écrits, il se plaint même d'être "mis de côté".
La
paix ne changera rien à leur rivalité. Rapidement, ils vont se battre
pour savoir qui sera le premier à se rendre dans les territoires libérés
d'Alsace et de Lorraine. Mais ils ne peuvent guère se permettre d'étaler leur querelle sur la place publique. Tout "Père de la victoire" qu'il est, Clémenceau ne peut écarter le patriote intransigeant qu'est Poincaré, qui plus est mosellan dans ses terres en Alsace-Lorraine.
Pour le public
justement, l'image de la république, c'est une "entente cordiale" au
niveau français. On lui a tellement seriné le thème de "L'union sacrée"
qu'il ne comprendrait pas. L'image publique, c'est par exemple ces deux
hommes qui célèbrent ensemble l'armistice. Le 8 décembre 1918, Poincaré et Clémenceau arrivent à Metz, marchent dans les rues et s'arrêtent devant la cathédrale sous les ovations de la foule. Au cours de la cérémonie, Poincaré remettra au général Pétain son bâton de maréchal.
Ils vont même jusqu'à se donner l'accolade devant tout le monde sur la place de la République.
Les apparences sont sauves.
Le lendemain 9 décembre, ils sont à Strasbourg où une population en liesse acclame longuement le président de la République Raymond Poincaré et son président du Conseil Georges Clemenceau, confondus dans un hommage enthousiaste en reconnaissance du rôle majeur qu'ils ont pris dans la victoire.
Les autorités municipales attendent le cortège à la porte de Cronenbourg
et dans le centre ville, ils sont accueillis par une haie d'honneur
(drapeau du 246e RI (régiment d'infanterie). Accompagnés par la foule et
par un cortège de jeunes Alsaciennes, ils se rendent à la cathédrale.
Les jours suivants, pour de nouvelles cérémonies, ils iront ensemble à Sélestat, Colmar et Mulhouse.
Les 2 hommes à Metz le 8 décembre 1918 -- "L'entente cordiale"
Parce qu'ils ont en commun d'être deux grands républicains et deux grands patriotes, Poincaré se fera violence pour nommer Clémenceau chef du gouvernement en novembre 1917, mais en fait, tout les sépare. Et d'abord leur éducation et leur milieu social.
Géographiquement, il n'y a pas plus éloigné : plein est pour Poincaré, meusien tourné vers la ligne bleue des Vosges, plein ouest pour Clémenceau, vendéen atypique, républicain convaincu, en délicatesse aussi bien avec les royalistes qu'avec le Second empire.
Clémenceau posant pour sa statue
Le jeune Clémenceau était un révolté, siégeant à l'extrême gauche, ami intime de Louise Michel et d'Auguste Blanqui. Un homme éclectique aussi, qui connaîtra avec Claude Monet une amitié sans faille, un "homme à femmes" qui défraiera la chronique dans ses démêlés avec , Mary Plummer, "l'américaine", sa première femme.
Poincaré de son côté a toujours été un homme posé, opposé aux extrêmes, sans concession pourtant concernant l'Allemagne, appelant son chien Bismarck ou décidant l'occupation de la Ruhr en 1923 pour les obliger à respecter leurs obligations prévues par le traité de Versailles. Mais Clémenceau ne serinait-il pas « L'Allemagne paiera. » Le signataire de ce traité ne pouvait décemment désavouer le président du conseil !
Une vie qui se confond largement avec sa carrière politique. [4]
Clémenceau visitant le front
Poincaré
est issu de la grande bourgeoisie meusienne avec un père
polytechnicien, une mère qui compte ans sa famille un général baron
sous l'Empire et un aïeul député sous Louis-Philippe. On peut le résumer ainsi : excellente généalogie, excellentes études supérieures, profil de gendre idéal. Clémenceau est issu d'une famille de républicains médecins, élevé dans l'amour de la Révolution française.
Leur point commun : une certaine dérive vers la droite tout au long de leur carrière politique, moins marquée chez Poincaré, républicain modéré que chez Clémenceau
qui a débuté sa carrière à l'extrême gauche pour finir à droite, de
fait assez isolé, ce qui peut expliquer en partie son échec à l'élection
présidentielle de 1920.
Complément : Les échanges du 8 octobre 1918
Réaction violente de Clémenceau à une remarque de Poincaréqui offre sa démission. [5]
« Je n’admets pas qu’après trois ans de gouvernement personnel, qui a si
bien réussi, vous vous permettiez de me conseiller de ne pas couper les
jarrets à nos soldats. Si vous ne retirez pas votre lettre écrite pour
l’histoire que vous voulez vous faire, j’ai l’honneur de vous envoyer ma
démission ».
Longue réponse de Poincaré dont voilà un large extrait:
« Je ne saurais à mon tour admettre que vous m’accusiez de pouvoir
personnel alors que vous savez mieux que personne avec quelle conscience
j’ai toujours exercé mes fonctions. Je ne vous ai nullement attribué
l’intention de couper les jarrets à nos troupes, ce qui serait une
absurdité. Si vous relisez ma lettre avec sang-froid, vous verrez que,
tout au contraire, j’ai dit que tout le monde avait confiance en vous
pour empêcher les alliés de tomber dans un piège et que tout le monde
espérait fermement qu’on ne couperait pas les jarrets à nos troupes.
Comment ce "on" vous viserait-il, alors que vous n’avez pas encore que
je sache, arrêté votre décision et que, d’un bout à l’autre, ma lettre
est pleine de déférence pour vous. Si par "on", j’avais voulu dire
"vous", j’aurais dit "vous". Je n’ai pas plus que vous l’habitude de
biaiser. »
[...] « Avant de conclure, ma lettre ne justifiait nullement l’injure
que vous m’adressez ni la démission dont vous me menacez et qui serait
désastreuse pour le pays ».
Clémenceau : « Vous essayez d’expliquer votre lettre, vous ne la retirez pas, je maintiens ma démission ». Poincaré : « Vous n’attendez pas de moi que j’accepte
votre démission alors que je vous ai déjà écrit que je la considère
comme néfaste pour le pays ».
Suit une longue réponse de Clémenceau dont voilà quelques extraits.
« Vous n’acceptez pas ma démission. Cela ne change rien au cas créé par
vos deux lettres de ce matin. [...] J’allais partir pour le Conseil des
ministres quand votre lettre m’est arrivée. Elle était au moins inutile
puisque vous alliez avoir l’occasion de me dire tout ce qui vous
paraîtrait nécessaire » [...] Je pourrais tirer de tout cela mille
considérations si je me proposais de polémiquer. Mais je ne veux pas
aller plus loin. Je ne m’obstinerai pas dans ma démission... ».
Avant de conclure ainsi : « Vous me permettrez en même temps de vous
demander de ne plus m’écrire. Lorsque vous aurez à me parler, vous
n’aurez qu’à me le faire connaître, je me rendrai immédiatement à
l’Élysée... »
Ce qui fait que le conseil des ministres du 8 octobre 1918 est annulé.
Références
[1] Deux biographies de référence les concernant : Michel Winock, Clémenceau, ed. Perrin, 2007 et François Roth, Raymond Poincaré, ed. Fayard, 2001 - [2] Voir Sur Clémenceau-- [3] Les grands duels qui ont fait la France, Alexis Brézet/Jean-Christophe Buisson, p 249-268, 2014 - [4] Daniel Amson, Poincaré. L'acharné de la politique, Tallandier, 1997 - [5]Voir, Le 8 octobre 1918 : psychodrame entre les 2 hommes –
Voir également * Georges Valance, Poincaré, Paris, Perrin, coll. « Biographies », 2017, 490 p 461-74
Poincaré la confiance" restera le dernier homme d'État de la République
parlementaire. C'est lui, avec "le Franc Poincaré" qui a donné à la
France des années de stabilité monétaire et d'équilibre budgétaire.
C'est ce lorrain, travailleur et visionnaire, qui a créé, ce qu'on
oublie souvent, les "Assurances Sociales", l'ancêtre de la Sécurité
Sociale ! * Le gouvernement Clémenceau, prélude -- - La guerre dans la guerre et la (courte) réconciliation en Lorraine
- Poincaré – Patrick Weil, Thomas Macé, Clémenceau (lettres d’Amérique)
Michel Winock, Contre Poincaré, pages 461 à 474, Clémenceau à Carlsbad –
Il sera aussi reçu à l'Académie française et professeur aux écoles
HEI-HEP (ecole des hautes études internationales et politiques) « Il est l'homme du militarisme et de la petite-bourgeoisie. Vailland-Couturier L'Affaire Émile Cottin
Sommaire
1- Laurent Mauvignier, La maison vide
2- Perryne et Nicolas
3- xxxxxxx
4- xxxxxxxxxx
5- xxxxxxxxxxxxx
1- Laurent Mauvignier La maison vide éditions de Minuit, 744 pages, 11/2025
"Tout
dire dans le secret du confessionnal ne doit pas être une simple façon
de vider ses ordures à la tête de Dieu pour mieux ressortir dédouané... " (p 412)
"En
1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée
fermée pendant vingt ans. À l’intérieur : un piano, une commode au
marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles
un visage a été découpé aux ciseaux.
Une saga où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes (Firmin, Jules...) qui ont gravité autour d’elles."
Un style en escargot qui revient et s'attarde pour mieux décortiquer les
événements et les personnages. Une mise à nu sans concession de
plusieurs générations.
2- Perryne et Nicolas 1- Et voilà, vous avez tous deux d’un bond
Décidé de franchir le rubicond
Pour donner tout son lustre à ce beau jour
Et trouver le Panthéon de l’amour.
2- Afin de vous concilier leurs faveurs
Et les célébrer de tout votre cœur,
Convoquons aujourd’hui les dieux d’antan,
Diffusant l’enivrant parfum d’encens,
Entonnons tous sur un air de guitare
Et de luth, le chant divin du dieu Lare,
De la famille le doux protecteur
Luttant contre les aléas du sort.
3- Que dire de cette suprême onction,
Sinon qu’elle est une bénédiction
Qui vient couronner votre jeune âge
À travers le sacrement du mariage
À travers tous les dieux du Parthénon
Dans la douce lumière d’Apollon,
La déesse du mariage, Héra
Qui règne sur la cité d’Athéna.
4- Car c'est ainsi que se tournent les pages, Que se redessinent les paysages : Il suffit alors de passer le pont,
Il suffit de franchir le rubicond
Pour vivre une nouvelle aventure Comme une ouverture vers le futur.
« L'Italien », Perez-Reverte (Espagne), mardi 3 février,14 h Le combat de torpilleurs italiens contre la marine anglaise pendent la Seconde guerre mondiale et l'histoire d'amour entre Elena la libraire et Teseo l'italien du commando.
« Le rêve du jaguar » (2024), Miguel Bonnefoy (Franco-Vénézuelien), mardi 10 mars, 14 h
Prix Fémina 2024 Antonio
aurait dû connaître une vie de mendiant, mais son énergie et son chemin
de vie vont brouiller les cartes : vivant de petits boulots, il
deviendra chirurgien avec l'aide sa femme Ana-Maria. Ils partiront
finalement à Paris avec leur fils Cristobal.
« Un endroit où aller » (2007), Robert Penn Warren (Américain), mardi xx,14 h Les aventures de Jed Tewksbury, ses liens avec le sud, la guerre et sa liaison avec Rozelle. Un homme en quête de sa propre vision de "l'american dream".
« Le chemin des morts » (2018), François Sureau (France), mardi xx,14 h Un ancien militant basque qui se sent menacé, refuse de rentrer en Espagne.
« Impossibles adieux » (2023), Han Kang (Corée), mardi xx, 14 h Sur l’île de Jeju, en Corée du Sud, une femme affronte une tempête de neige, ses angoisses et le souvenir des violences politiques du XXᵉ siècle.
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Miguel Bonnefoy, « Le rêve du jaguar » (2024)- Prix Fémina --> basé sur l'histoire d'Antonio son grand-père maternel.
« Dans
toute portée de chats, il y a un jaguar... Il grandit différemment. Il
s’émancipe. Ce sont les bâtisseurs de cette ville. On est tous fils
d’un rêve de jaguar. » p. 289
Un récit familial sur 3 générations, dans un Venezuela traversant dictature, démocratie, coups d'État et révolutions. Dans cet univers, chaque personnage tente de transformer sa vie en un destin personnel. Ses grands-parents, Antonio et Ana-Maria passeront d'une jeunesse miséreuse au statut de médecins reconnus.
«La littérature, une allumette craquée pour apercevoir l’épaisseur des ombres. »
Antonio et Ana-Maria :
Lui : destin épique, chirurgien, lutte contre la dictature, recteur de l'université qu'il a créée.
Elle : première femme médecin-gynécologue, lutte pour l’avortement.
«Il n’y a rien de plus délicieux que de faire plier la réalité pour satisfaire les tentations de la fiction. » dit-il
Il
conjugue l'Histoire de son pays (de la découverte du pétrole à
Maracaibo en 1919 aux révolutions et dictatures jusqu'à l'arrivée d'Hugo Chavez en 1999 ) et légende familiale. ---> mélange onirisme latino-américain et forme maîtrisée à la française. ---> fond de réalisme magique + Histoire, forme plutôt baroque.
"Quand
l'excès nuit au récit" : sa prose foisonnante et baroque contient trop
de contes et de légendes, trop d'effets de style, comme dans la
description de la décoration d'un bordel baroque.
"Ses romans : fresques vibrantes pour les uns ; débauche stylistique qui pique les yeux pour les autres". (Le nl obs) Voir aussi : Le rêve du jaguar, Héritage, Sucre noir - Sur son style -
"Le fils d’un bon-à-rien et d’un modèle d’obstination résignée".
Un homme du sud vers 1918 dans une misérable ferme de l'Alabama, pris entre amours, violences et passions. Une vie de déraciné qui ne trouve aucun havre où se poser. Une
vie qu'il voit comme une succession de routine et de temps forts
constituant une psyché où sont mis en relation ces différents moments.
Libéré
d'un père alcoolique, une mère obstinée à lui donner une éducation
rigide pour devenir un homme reconnu, sans passé. Suit une vie
"raisonnable" : faculté de Chicago, guerre en Italie, sage mariage avec la fille d’un pasteur. Mais ce veuf précoce va connaître la passion avec RozelleHardcastle dans une communauté bohème de Nashville.
Souvent comparé à Philip Roth par leurs thèmes communs comme un
roman sur un enseignant en littérature, plutôt isolé, insatisfait,
porté sur le sexe et les questions existentielles (fuite du temps,
solitude, définition du bonheur) Voir aussi : Tous les hommes du roi, (1946), puis La grande forêt et Les rendez-vous de la clairière.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ François Sureau, « Le chemin des morts» , Gallimard 2013/Folio 2018, 54 pages
"L'oral et le doute face à la preuve et à l'écrit".
Chez les Basques, « Quand un membre de la famille meurt, il est conduit par un chemin particulier, que l’on appelle le chemin des morts ».
Acte I : La demande d'asile d'un ancien militant basque, Javier Ibarrategui, exilé en France et redoutant d'être assassiné, est rejetée. (commission des recours des réfugiés) Acte II : Après son retour en Espagne, il est effectivement exécuté.
Acte III, le remords: Souvenir indélébile chez Sureau, de cet homme qui avait confiance en la justice française mais victime de la raison d'état : « La faute a des pouvoirs que l’amour n’a pas. »
Acte
politique transformé en acte administratif d'une commission qui permet
de rester en bons termes avec l'État espagnol couvrant les assassins,
activistes du GAL tout en sauvant les apparences sous couvert d'une logique juridique ratifiée par les "serviteurs de l'État". (voir son roman "L'obéissance")
* Sur ce thème : Le défi des migrants(contribution) (2019), membre de l'Association d'aide aux réfugiés Pierre-Claver - * Voir aussi : S'en aller (2024), La corruption du siècle (1988) - L'infortune -
~~~~ Centenaire de la mort de Félix Vallotton(1865-1925) ~~~~
Autoportraits 1905 et 1891 Portrait de Alexandre Nathanson
Pour le centenaire de la disparition du peintre Félix Vallotton (1865-1925), Lausanne sa ville natale, organise une exposition-rétrospective consacrée à ses œuvres. Cette manifestation est réalisée sous l'égide du MCBA (Musée communal des beaux-arts) qui possède la plus grande collection de l'artiste et de la Fondation Félix Vallotton. Elle rassemble quelque 200 œuvres parmi les plus connues puisée aussi dans les plus belles collections publiques et privées.
La paresse 1896 Xylographie en noir sur papier - Bain à Étretat 1899
Artiste
polyvalent, il s’est illustré dans des domaines variés comme peintre,
graveur, illustrateur, sculpteur et même critique d’art et romancier.
Cet éclectisme s’explique par le fait que le groupe des Nabis [1] dont il était membre, voulaient abolir la frontière entre les beaux-arts et les arts appliqués, surtout les arts décoratifs et l'estampe.
En 1899, cet anarchiste, ami d’Octave Mirbeau [2], épouse Gabrielle Bernheim, fille du marchand de tableaux Alexandre Bernheimet devient français.
Rocamadour - Jardin du Luxembourg 1895
Il se lance d'abord dans la xylographie (gravure sur bois), au style expressif, en aplats francs de noir sur blanc, où il rencontre un franc succès. Il y traite de problèmes sociaux dans des œuvres comme La Manifestation, L’Assassinat ou La Charge puis vers des sujets plus intimes centrés sur l’arabesque ornementale et l’importance du noir.
Pois de senteur 1924 - Bain à Étretat 1899
Félix Vallotton a réalisé quelque cent vingt xylographies ainsi qu'une cinquantaine de lithographies, dans des séries de planches comme Les Petites Baigneuses (1893), Les Instruments de musique (1896), Intimités(1898), L'Exposition universelle (1900), C'est la guerre (1915). Des instruments de musique à l'exposition universelle, ces thèmes seront largement repris dans ses peintures.
Le vieil olivier - Chemin à St Paul 1922 - Sur la plage de Dieppe 1899 -
Félix Vallotton a aussi réalisé des portraits dessinés de personnalités pour diverses revues, citons parmi les plus connus Bakounine, Léon Blum, Paul Claudel, Félix Fénéon, Alfred Jarry, Arthur Rimbaud, Edgar Poe, Joseph de Maistre...
Femme au piano 1904 Femme endormie 1904
L'originalité de son style, c'est une
peinture en aplats de couleurs vives prenant comme sujets des scènes du
quotidien que l'on voit particulièrement dans La Valse, Coin de rue à Paris, Les Passants ou le triptyque du Bon Marché.
Il
s'est également intéressé à la photographie, ce qui a influencé son
cadrage des éléments du tableau, sujets de dos, enfilades de pièces,
scènes en plongée (Le Ballon) ou contreplongée (La Loge de théâtre, le monsieur et la dame), qu'il réinterprète selon sa vision.
Il
a peint de nombreux nus, en particulier des baigneuses , des couples
féminins dans des présentations structurées. se veut alors très
réaliste comme dans Le Sommeil en 1908 ou Femme au collier bleu en1925… en amplifiant leurs formes comme dans Baigneuse assise sur un rocher, en 1910 ou en peignant des femmes noires ce qui était alors très osé.
La robe jaune 1923 - Paysage en sous-bois 1918 - Maîtresse et servante 1896
Le tableau Pois de senteur, 1924 (cf ci-dessus)
Que voit on ? Un sujet insolite. une fleur rarement peinte, trop fragile à conserver coupée. Félix Vallotton
les dispose dans un pot cruche avec une anse en céramique vernissée et
tire tout le partie de leurs magnifiques couleurs en les présentant sur
une nappe à motif indien, aux coloris très vifs, bordés des noir.
Le Ballon, 1899
Il est considéré comme le tableau le plus connu de Félix Vallotton. Cette vue plongeante découvre un espace public souvent utilisée par Bonnard ou Vuillard.
L'ombre
des arbres se détache en festons sur la grande plage ocre clair de
l'allée, tandis que la silhouette d'un enfant de dos accroche la lumière
vive du soleil et court précédée de son ombre. La tête est coiffée d'un
chapeau jaune à ruban rouge d'où déborde une chevelure blonde. Il porte
des bottines orangé et une blouse blanche, boutonnée dans le dos, dont
deux pans levés par la course flottent au vent et court vers une balle
rouge.
Comme un écho à la masse claire de l'enfant, deux silhouettes bleue et
blanche apparaissent aussi en clair dans un espace qui semble plane. Le
petit ballon à l'air perdu dans cet espace sert paradoxalement de titre
au tableau.
Notes et références [1] Les Nabis (1888-1900) forment un groupe postimpressionniste dont le but est de créer un art nouveau, antinaturaliste et décoratif. [2] Voir l'exposition galerie Druet à Paris en 1910 oùOctave Mirbeau en préface le catalogue.