jeudi 5 février 2026

Félix Vallotton

~~~~  Centenaire de la mort de Félix Vallotton  (1865-1925)  ~~~~
 

          
Autoportraits 1905 et 1891
Portrait de Alexandre Nathanson

Pour le centenaire de la disparition du peintre Félix Vallotton (1865-1925), Lausanne sa ville natale, organise une exposition-rétrospective consacrée à ses œuvres. Cette manifestation est réalisée sous l'égide du MCBA (Musée communal des beaux-arts) qui possède la plus grande collection de l'artiste et de la Fondation Félix Vallotton. Elle rassemble quelque 200 œuvres parmi les plus connues puisée aussi dans les plus belles collections publiques et privées. 

       
La paresse 1896
Xylographie en noir sur papier -
Bain à Étretat 1899

Artiste polyvalent, il s’est illustré dans des domaines variés comme peintre, graveur, illustrateur, sculpteur et même critique d’art et romancier. Cet éclectisme s’explique par le fait que le groupe des Nabis [1] dont il était membre, voulaient abolir la frontière entre les beaux-arts et les arts appliqués, surtout les arts décoratifs et l'estampe. 

En 1899, cet anarchiste, ami d’Octave Mirbeau [2], épouse Gabrielle Bernheim, fille du marchand de tableaux Alexandre Bernheim et devient français.
 

         
Rocamadour - Jardin du Luxembourg 1895

Il se lance d'abord dans la xylographie (gravure sur bois), au style expressif, en aplats francs de noir sur blanc, où il rencontre un franc succès. Il y traite de problèmes sociaux dans des œuvres comme La Manifestation, L’Assassinat ou La Charge puis vers des sujets plus intimes centrés sur l’arabesque ornementale et l’importance du noir. 

          
Pois de senteur 1924 - Bain à Étretat 1899

Félix Vallotton a réalisé quelque cent vingt xylographies ainsi qu'une  cinquantaine de lithographies, dans des séries de planches comme Les Petites Baigneuses (1893), Les Instruments de musique (1896),  Intimités (1898) L'Exposition universelle (1900)C'est la guerre (1915). Des instruments de musique à l'exposition universelle, ces thèmes seront largement repris dans ses peintures.

     
Le vieil olivier - Chemin à St Paul 1922 -
Sur la plage de Dieppe 1899 - 


Félix Vallotton a aussi réalisé des portraits dessinés de personnalités pour diverses revues, citons parmi les plus connus BakounineLéon Blum, Paul Claudel, Félix Fénéon, Alfred Jarry, Arthur Rimbaud, Edgar Poe, Joseph de Maistre... 

    
Femme au piano 1904    Femme endormie 1904

L'originalité de son style, c'est une peinture en aplats de couleurs vives prenant comme sujets des scènes du quotidien que l'on voit particulièrement dans La Valse, Coin de rue à Paris, Les Passants ou le triptyque du Bon Marché. 

      
La valse 1893   
Soir d'été au bain 1892 

Il s'est également intéressé à la photographie, ce qui a influencé  son cadrage des éléments du tableau, sujets de dos, enfilades de pièces, scènes en plongée (Le Ballon) ou contreplongée (La Loge de théâtre, le monsieur et la dame), qu'il réinterprète selon sa vision. 

 
         
Nus aux chats - Le bain turc 1907
Nu au canapé rouge 1915 -
La blanche et la noire - 
 

Il a peint de nombreux nus, en particulier des baigneuses , des couples féminins dans des présentations structurées.  se veut alors très réaliste comme  dans Le Sommeil en 1908 ou Femme au collier bleu en 1925… en amplifiant leurs formes comme dans Baigneuse assise sur un rocher, en 1910 ou en peignant des femmes noires ce qui était alors très osé. 

  
La robe jaune 1923 - Paysage en sous-bois 1918 - 
Maîtresse et servante 1896

Le tableau Pois de senteur, 1924
(cf ci-dessus)

Que voit on ? Un sujet insolite. une fleur rarement peinte, trop fragile à conserver coupée. Félix Vallotton les dispose dans un pot cruche avec une anse en céramique vernissée et tire tout le partie de leurs magnifiques couleurs en les présentant sur une nappe à motif indien, aux coloris très vifs, bordés des noir.

Le Ballon, 1899

Il est considéré comme le tableau le plus connu de Félix Vallotton. Cette vue plongeante découvre un espace public souvent utilisée par Bonnard ou Vuillard.

L'ombre des arbres se détache en festons sur la grande plage ocre clair de l'allée, tandis que la silhouette d'un enfant de dos accroche la lumière vive du soleil et court précédée de son ombre. La tête est coiffée d'un chapeau jaune à ruban rouge d'où déborde une chevelure blonde. Il porte des bottines orangé et une blouse blanche, boutonnée dans le dos, dont deux pans levés par la course flottent au vent et court vers une balle rouge.

Comme un écho à la masse claire de l'enfant, deux silhouettes bleue et blanche apparaissent aussi en clair dans un espace qui semble plane. Le petit ballon à l'air perdu dans cet espace sert paradoxalement de titre au tableau.
 
    
Autoportrait 1914 - Aïcha 1922 - Chaste Suzanne 1922 

Notes et références
[1] Les Nabis (1888-1900) forment un groupe postimpressionniste dont le but est de créer un art nouveau, antinaturaliste et décoratif.
[2] Voir l'exposition galerie Druet à Paris en 1910 où Octave Mirbeau en préface le catalogue.

Voir également
* Édouard Vuillard -- Maurice Denis -- Octave Mirbeau --
* Vallotton à Lausanne --

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<< Christian Broussas • Félix Vallotton  © CJB  ° 04/02/2026  >>
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vendredi 16 janvier 2026

Un livre, un débat 2026

 Programme du 1er semestre 2026


« L'Italien », Perez-Reverte (Espagne), mardi 3 février,14 h
Le combat de torpilleurs italiens contre la marine anglaise pendent la Seconde guerre mondiale et l'histoire d'amour entre 
Elena la libraire et Teseo l'italien du commando.

« Le rêve du jaguar » (2024), Miguel Bonnefoy (Franco-Vénézuelien), mardi xx,14 h

Antonio aurait dû connaître une vie de mendiant, mais son énergie et son chemin de vie vont brouiller les cartes : vivant de petits boulots, il deviendra chirurgien avec l'aide sa femme Ana-Maria. Ils partiront finalement à Paris avec leur fils Cristobal.

« Un endroit où aller » (2007), Robert Penn Warren (Américain), mardi xx,14 h
Les aventures de Jed Tewksbury, ses liens avec le sud, la guerre et sa liaison avec Rozelle. Un homme en quête de sa propre vision de "l'american dream".

« Le chemin des morts » (2018), François Sureau (France), mardi xx,14 h
Un ancien militant basque réfugié en France, soit-disant menacé, refuse de rentrer en Espagne créant des tensions entre les deux pays.

« Impossibles adieux » (2023), Han Kang (Corée), mardi xx,14 h
Sur l’île de Jeju, en Corée du Sud, une femme affronte une tempête de neige, ses angoisses et le souvenir des violences politiques du XXᵉ siècle.

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Miguel Bonnefoy, « Le rêve du jaguar » (2024) - "On est tous fils d'un rêve de jaguar" - 

"La littérature, une allumette craquée pour apercevoir l’épaisseur des ombres".

Un récit familial multigénérationnel, sur 3 générations, dans un Venezuela traversant dictature, démocratie, coups d'État et révolutions. Dans cet univers, chaque personnage tente de transformer sa vie en un destin personnel. Ses grands-parents, passeront d'une jeunesse miséreuse au statut de médecins reconnus.

"Quand l'excès nuit au récit" : sa prose foisonnante et baroque contient trop de contes et de légendes, trop d'effets de style, comme dans la description de la décoration d'un bordel baroque. 

"
Ses romans : des fresques vibrantes pour les uns ; une débauche stylistique qui pique les yeux pour les autres". (Le nl obs)
Voir aussi : Le rêve du jaguar, Héritage, Sucre noir -

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Robert Penn Warren, (2007) « Un endroit où aller » - Ed. Babel, 608 pages -

"Le fils d’un bon-à-rien et d’un modèle d’obstination résignée".

Un homme du sud vers 1918 dans une misérable ferme de l'Alabama, pris entre amours, violences et passions. Une vie de déraciné qui ne trouve aucun havre où se poser. Une vie qu'il voit comme une succession de routine et de temps forts constituant une psyché où sont mis en relation ces différents moments. 


Libéré d'un père alcoolique, une mère obstinée à lui donner une éducation rigide pour devenir un homme reconnu, sans passé. Suit une vie "raisonnable" : faculté de Chicago, guerre en Italie, sage mariage avec la fille d’un pasteur. Mais ce veuf précoce va connaître la passion avec Rozelle Hardcastle dans une communauté bohème de Nashville.


Souvent comparé à Philip Roth par leurs thèmes communs comme un roman sur un enseignant en littérature, plutôt isolé, insatisfait, porté sur le sexe et les questions existentielles (fuite du temps, solitude, définition du bonheur)
Voir aussi Tous les hommes du roi, (1946), puis La grande forêt et Les rendez-vous de la clairière.

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François Sureau, « Le chemin des morts » , Gallimard 2013/Folio 2018, 50 pages

    "L'oral et le doute face à la preuve et à l'écrit".

Épisode I : La demande d'asile d'un ancien militant basque, exilé en France et redoutant d'être assassiné, est rejetée. (commission des recours des réfugiés)
Épisode II : Après son retour en Espagne, il est effectivement exécuté.


Chez les Basques, « Quand un membre de la famille meurt, il est conduit par un chemin particulier, que l’on appelle le chemin des morts »,
Souvenir indélébile chez Sureau, de cet homme qui avait confiance en la justice française mais c'était sans compter sur la puissance de la raison d'état.
 

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Consolation

 

« C’est un ami de l’enfance,
(que) Nous prêta la Providence...
Il n’est plus ; notre âme est veuve,
Il nous suit dans notre épreuve... »

Pensée des morts - Alphonse de Lamartine

 

C’était au temps de notre jeunesse
Quand s’est éteinte toute allégresse
Sur cette longue route ennemie
M’arrachant à jamais mon ami.


C’était par une belle journée
Que par un superbe soir d’été
A disparu ce très cher ami
Terrassé par un mal infini.


C’était je ne sais plus vraiment quand,
Il y a maintenant si longtemps 
Que m’est advenu ce deuil immense
qui a vraiment marqué mon enfance.


C’était il y a bien des années

Que survint alors, inopiné,
Ce drame qui me laissa muet,
Auquel on ne s’habitue jamais.


C’était... oh, à quoi bon recenser
Tous ceux qui hélas nous ont quittés,
Tous ces bons amis trop tôt partis
Quelque part vers leur Paradis.
La vie qui coule dans le lit de l’oubli
Agit alors comme une amnésie,
Le temps qui passe et son érosion
est notre seule consolation.

 

*** Voir également ***
Document utilisé pour la rédaction de l’article Brassens, Pensées des morts --

*** Mes fichiers sur ce thème ***
Document utilisé pour la rédaction de l’article Que peut l'amitié ? (2025) -- Vertu du hasard -- 
Document utilisé pour la rédaction de l’article 
Poésies 2025 -- Deux ans déjà (3) --

 

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Jour de frimas

 

Plus la date fatidique approche
Plus ton image me devient proche,
Au fond de ma mémoire, une ombre passe
Quand le temps s’enfuit, quand la vie trépasse.


Plus avance la date fatidique
Plus m’apparaît son caractère inique
Plus alors se ravive la douleur
Même s’il n’y a plus guère de pleurs,
Même si dans le secret de mon cœur
Je sens émerger quelque réconfort.


Je laisse filer, s’écouler le temps,
Viendra bien assez tôt le printemps.
Je laisse s’éloigner les échéances,
Et s’étendre peu à peu le silence.


Quand la neige recouvre tous ces beaux
Paysages d’un éclatant manteau, 
Décembre, dans ses frimas hivernaux,
Est maintenant comme toi : en repos.

 

*** Mes fichiers sur ce thème ***
Document utilisé pour la rédaction de l’article Que peut l'amitié ? (2025) -- Vertu du hasard -- 
Document utilisé pour la rédaction de l’article 
Poésies 2025 -- Deux ans déjà (3) --

 

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mardi 13 janvier 2026

Han Kang Impossibles adieux

RéférenceHan Kang, Impossibles adieux, éditions Grasset, traduction Kyungran Choi et Pierre Bisiou, août 2023
- Prix Médicis étranger en 2023 et prix Nobel en 2024


« Hymne à l'amitié, éloge de l'imaginaire, réquisitoire contre l'oubli. »

    
Impossibles adieux 
Prix Médicis 2023   Han Kang

Comme un long songe d’hiver, Impossibles Adieux nous fait voyager entre la Corée du Sud contemporaine et sa douloureuse histoire.

Inseon habitant sur l'île de Jeju, revient sur le continent suite à un accident. Son amie Gyeongha doit revenir à Jeju en avion pour s'occuper de son perroquet blanc. Chez Inseon, elle découvre des archives sur l'histoire de la famille d'Inseon et un terrible massacre.

Mais à son arrivée, une tempête de neige s’abat sur l’île, l'empêchant de rejoindre la maison de son amie. Sa situation est critique et elle se demande si elle pourra sauver l’oiseau d’Inseon.

Chez son amie, des archives lui révèlent l’un des pires massacres de communistes que la Corée ait connu – 30 000 civils assassinés entre novembre 1948 et début 1949.

Sur ce fond historique tragique, Impossibles adieux promeut l’amitié et se veut une lutte contre l’oubli. Au-delà du roman, ce qui émerge est le poids d'un secret d'État, véritable mémoire traumatique qui éclate au grand jour.

  

C'est un récit poétique mélangeant songe et réalité, sur fond de période tragique restée longtemps taboue. À travers la mémoire de la mère d'une des deux héroïnes sont retracés les événements d'août 1948 quand dans l'île de Jeju, des groupes de gauche ont combattu le nouveau régime sud-coréen et ont été violemment réprimés. 

        

Voir également
* Parcours de Han Kang --

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mardi 30 décembre 2025

Site Commémo, poèmes, Synthèse

 Les articles dédiés à ce site  








 Dernières parutions 1. Consolation - 2. Vertu du hasard - 3. Jour de frimas - 4. Que dire après ça ? -
 
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 Fichiers envoyés II

 1. Album photos V (2023) - 2. Lien d'amitié VI (2024) - 3. Que peut l'amitié ? VII (2025) - 4. xxx -
 

 Fichiers envoyés I

 1. C'était hier I, Souvenirs d'enfance I -  2. Salut l'ami I - 3. Ode à Jean-Claude II – (2021) - 4. Deux ans déjà (III) (2022) - 5. Le temps s'enfuit IV (2023) -

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