Matilde Serao, ( est une journaliste et romancière italienne d'origine grecque par sa mère. Avec son mari Edoardo Scarfoglio, elle fonda le journal Il Mattino en 1892 puis son propre quotidien Il Giorno. Elle a été la première femme en Italie à diriger un grand journal.
/image%2F0404379%2F20260318%2Fob_489c3f_la-vertu-de-checchina.jpg)
Matilde Serao Avec son mari Edoardo Scarfoglio
La vertu de Checchina
Elle collabore à différents journaux puis, installée à Rome, elle publie cinq recueils de nouvelles qui la font connaître. Le couple déménage à Naples ou il fonde successivement deux journaux Il Corriere di Napoli puis Il Mattino.
Son
œuvre littéraire comprend plus de quarante volumes de romans et de
nouvelles où elle dépeint le quotidien de la classe ouvrière napolitaine
dans un style très personnel et très réaliste. Elle a écrit aussi pour La revue blanche aux côtés de Marcel Proust et Guillaume Apollinaire et fut souvent présente au célèbre salon parisien de la comtesse Rosa de Fritz-James.
Matilde Serao continue son œuvre littéraire, publiant notamment Il Ventre di Napoli,
où elle décrit la misère et les difficultés d'une ville touchée par le
choléra, l'incurie des autorités locales contrebalancées par la grande
solidarité entre les habitants. [1] Elle créera ensuite son propre journal Il Giorno di Napoli dont les locaux seront saccagés par les fascistes en 1922 et mourra 5 ans plus tard.
Matilde Seraot lisantLe ventre de Naples : véritable réquisitoire de celle qu'on appelait la Zola italienne.
Autant témoignage qu'œuvre littéraire, Le Ventre de Naples a été composé par Matilde Serao
entre 1884 et 1904. Avec un grand sens du détail et une peinture fort
bien brossée, elle décrit le quotidien de quartiers populaires de Naples alors en pleine transformation urbaine.
Qu'il s'agisse de nourriture, de maladie, de logement, donc de tout ce
qui concerne les conditions de vie, de la pression des superstitions
sur les individus ou encore la passion pour des jeux comme le loto [2], tout est évoqué simplement, avec rigueur et empathie. Ce qui n'est pas incompatible.
Matilde Serao, timbre - Matilde Serao & Eléonora Duce St-Moritz 1895 -
Un
peuple de petites gens qui, malgré leurs difficultés quotidienne, ont
développé une extraordinaire aptitude à rêver. Elle met l'accent sur
leur sens de l'entraide qu'ils manifestent à toute occasion et déplorent
le manque d'engagement et de réactivité des hommes politiques et des
urbanistes pour leur offrir des conditions de vie décentes.
Notes et références
[1] Paru en France sous le titre "Le ventre de Naples" en 2010 aux éditions des Cahiers de l'Hôtel de Galliffet
[2] Voir son roman "Le pays de Cocagne" qui traite de l’obsession de la loterie chez les Napolitains.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire