vendredi 15 mai 2026

László Krasznahorkai, Nobel 2025

 László Krasznahorkai : « La beauté ne disparaît jamais, c'est à nous de la percevoir. » (2018) 

En 2018, sur France Culture, à l'occasion de la sortie de son livre Séiobo est descendue sur terre, il parle de son rapport à l'écriture : « Créer la réalité et non pas la représenter, voilà la maxime qui sous-tend un travail animé... par un état auquel échappe le bonheur. [...] J'écris des livres parce que je ne suis pas heureux. Si j'étais heureux, je n'aurais pas l'idée d'un livre»
Il 
 a publié une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, comme La mélancolie de la résistance, opéra avec film en 2024 sur une musique de Marc-André Dalbavie et un livret de Guillaume Métayer ainsi que plusieurs scénarios de films portés au cinéma par le réalisateur Béla Tarr.

      
Guerre et guerre - 
Le baron Wenckheim est de retour -
Mélancolie de la résistance - Seiobo est descendue sur terre -

Selon l'Académie suédoise, l'œuvre de László Krasznahorkai se caractérise par son « réalisme fantastique » qui s'inscrit « dans la tradition d'Europe centrale qui s'étend de Kafka à Thomas Bernhard, et se caractérise par l'absurdisme et l'excès grotesque [...] Mais il a plus d'une corde à son arc, et il se tourne également vers l'Orient en adoptant un ton plus contemplatif et finement calibré. »
Elle met aussi l'accent sur « une œuvre convaincante et visionnaire qui, au milieu de la terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l'art . » Une idée maîtresse chez lui, l'art comme ultime recours aux horreurs de la guerre. (voir par exemple son roman Guerre et guerre) 

    
Le dernier loup - 
Au nord, les montages... Petits travaux... -

Concernant son style, son ami, l'écrivain et prix Nobel 2016 Imre Kertész, affirme :« Ses phrases longues et sinueuses m'enchantent. Et même si son univers peut sembler sombre par moments, on a sans cesse l'impression d'y percevoir cette transcendance qui, pour Nietzsche, représentait une forme de consolation métaphysique. »

Sur le fond, parmi ses thèmes favoris, se détache celui du « faux messie » aussi bien dans Tango de Satan (avec Irimias) que dans Le Baron Wenckheim est de retour (avec le baron), les personnages se posent en rédempteurs mais tout ne se passera pas aussi simplement. 

Ces faux messies émergent dans le délitement des institutions qu'on trouve dans Guerre et Guerre avec l'affaissement du pouvoir  à New York peu 
avant le 11 septembre 2001 ou dans La Mélancolie de la résistance où  une cité rurale cède à la panique à cause d'un monstre présent dans un cirque itinérant.
 

Voir aussi 
* Zoom sur son oeuvre --
* Un "vrai" Nobel --
* Imre Kertész prix Nobel 2016 -- 

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<< Christian Broussas • Nobel 2025  © CJB  ° 06/05/2026  >>
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