Le prix Nobel de littérature 2021 a été attribué au romancier tanzanien, originaire de l'île de Zanzibar, Abdulrazak Gurnah. Il est l'auteur d'une douzaine de romans dont « Paradise » et « Près de la mer », a été récompensé pour sa narration « empathique et sans compromis des effets du colonialisme ainsi que du destin des réfugiés écartelés entre les cultures et les continents ».
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Le jury précise aussi que « ses romans sont loin des descriptions stéréotypées et ouvrent notre regard sur une Afrique de l'Est, diverse culturellement et mal connue dans de nombreuses régions du monde [...] Il rompt ainsi consciemment avec les conventions, bousculant la perspective coloniale pour mettre en valeur celle des populations locales. »
En 2022, dans une interview à France-culture. il revendique le fait d’appartenir à différentes cultures, ayant lui-même plusieurs identités : tanzanienne, zanzibarie, africaine, britannique d’adoption et yéménite. Son rapport à l'écriture, c'est un lien intime avec la langue anglaise et, dit-il, il aurait été moins à l'aise avec sa langue natale, le kiswahili...
L'écriture est d'abord pour lui un moyen d'illustrer les événements qui ont marqué son pays et les difficultés qu'il a rencontrées lors de son installation en Angleterre.Par exemple, dans Paradis, l'élément central est la figure patriarcale du marchand et sa domination sur le groupe, figure aussi de stabilisation. Il a effectivement connu de genre de manipulateur avide mais sympathique par certains aspects, qu'il décrit dans son livre.
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Adieu Zanzibar
Mais ce dernier va rapidement tomber amoureux de la sœur d'Hassanali puis repartira en Angleterre, la laissant enceinte. Cinquante ans plus tard, Rashid voit son frère Amin se heurter à l'ostracisme qui frappe encore sa famille.
Rashid se résoudra à partir en Angleterre pour y poursuivre ses études, vivant les troubles liés à l'indépendance de Zanzibar et de la Tanzanie. Du colonialisme au Londres des années soixante, Abdulrazak Gurnah nous fait partager la fragile existence de tous ces réprouvés pris dans les tourbillons de la décolonisation.
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Près de la mer - Les vies d'après - La voix des pèlerins - Paradis
Colonialisme et esclavage (extrait)
« C'est la faute à l'esclavage, voyez-vous. À l'esclavage et aux maladies qui les minent, mais à l'esclavage surtout. Esclaves, ils ont appris l'oisiveté et la dérobade. Ils ne peuvent plus concevoir de s'impliquer dans le travail, d'assumer des responsabilités, même contre paiement.
Ce qui passe pour du travail dans cette ville, ce sont les hommes assis sous un manguier à attendre que les fruits murissent. Regardez ce que la compagnie a fait de ces terres. Les résultats sont impressionnants.
Des cultures nouvelles, l'irrigation, l'assolement, mais il a fallu pour y parvenir radicalement changer les mentalités. »
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