vendredi 15 mai 2026

Le prix des carburants

 Guerre au Moyen-Orient : Greenpeace accuse les compagnies pétrolières de « sur-profits » de guerre 

Une étude commandée par Greenpeace affirme que les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de « sur-profits » par jour dans les pays de l’union européenne (UE) depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Des « sur-profits » réalisés grâce à une augmentation de leurs marges. Pour le mois de mars, ils représenteraient environ 2,5 milliards d’euros.  

Pour arriver à ce chiffre, l’étude commandée par Greenpeace s’est penchée sur l’écart entre le prix du pétrole brut et le prix du carburant en station, entre janvier et février 2026 d’un côté, et les trois premières semaines de mars de l’autre. Or, d’après ces calculs, cette marge a augmenté.

« Greenpeace France appelle les gouvernements européens à introduire des taxes permanentes supplémentaires sur les profits des entreprises pétrolières et gazières, dont le produit serait utilisé pour réduire les factures d’énergie et accélérer l’indépendance énergétique européenne », ajoute l’ONG dans son communiqué.

On sait ce que valent les "appels à la responsabilité" de la puissance publique et la logique de la chaîne de production et de distribution qui enregistre aussitôt les augmentations de coût pour ensuite étaler au maximum les baisses, comme si ce "jeu de passe-passe" était une loi économique. 


"Les prix des carburants devraient bientôt baisser en France si le cours du pétrole se maintient autour de 93 à 95 dollars le baril", a déclaré le mercredi 8 avril 2026 Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).
Nos voilà bien renseignés ! On pourrait traduire ainsi cette déclaration : "Si la conjoncture valide ce qu'on peut actuellement en penser, alors il se pourrait bien que les prix des carburants aient une propension tangentielle à la baisse". 
Voilà qui est parlé pour ne rien dire. Bel exemple de langue de bois.


Quand les pétroliers anticipent une baisse de production, les consommateurs anticipent à leur tour, font des provisions,  augmentant encore les risques de pénurie, phénomène qui pèse à son tour sur les prix provoquant un mécanisme de type gagnant-perdant dont on parle assez peu, sans doute jugé comme tabou. 

C'est un peu comme une lame de fond  qui déboulerait subitement et mettrait beaucoup de temps à se retirer... dévoilant un beau gisement off-shore. 

Pour Gabriel Zucman
là où 90% de la rente pétrolière se voyait socialisée dans les années 1970, les deux tiers de cette dernière atterrissent dans la poche des actionnaires aujourd’hui [...] Avec l’envolée des prix du pétrole, les bénéfices des sociétés extractives explosent et finissent recyclés dans les paradis fiscaux". 

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<< Christian Broussas • Carburants  © CJB  ° 12/04/2026  >>
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