dimanche 9 février 2014

L'écrivain Alexis Jenni

Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011

    

Prix Goncourt 2011 pour "L'art français de la guerre"

Alexis Jenni né en 1963 est professeur de sciences et vie de la terre (SVT) à Lyon. Son roman est la somme d'un travail de cinq années qu'il a proposé à Gallimard qui l'a immédiatement accepté et publié.

Selon Edmonde Charles-Roux, membre du prix Goncourt, seule une grande plume pouvait évoquer l'histoire coloniale de la France sous un aspect audacieux. De son côté, Patrick Rambaud, autre juré du Goncourt, pense que « C’est un roman naturaliste par sa méthode, musclé par son style, enlevé comme un chant, inspiré comme une méditation qui court sans jamais peser, atroce comme un procès verbal. »

« Depuis la fin de mes études, il y a vingt ans, j’ai écrit plusieurs choses qui n’ont pas marché. Alors je me disais que je resterais toujours un écrivain du dimanche, comme il y a des peintres du dimanche», confie-t-il à un journaliste de l'Est-Républicain.

Son livre raconte l'histoire d'un militaire de carrière Victorien Salagnon qui a connu le parcours de cette génération, la seconde guerre mondiale puis l'Indochine et l'Algérie. Il aurait voulu devenir peintre mais la guerre l'a rattrapé. Histoire de ces vocations virtuelles qui ont un goût d'amertume. C'est un bon élément, un guerrier qui fait ce qu'avait à faire, sans vrais états d'âme, c'est un luxe qu'il ne pouvait se permettre, sans non plus être dupe du comportement de ses frères d'armes.
Outre tous les aspects liés à la guerre et à ses horreurs, on y trouve aussi une belle peinture, sans concessions, de la ville de Lyon, son port d'attache.


Le thème auquel il tient le plus touche « à la question de la transmission », essentiel pour ce père de trois enfants aux origines suisses-allemandes, qui déjà en traitait dans ses deux œuvres précédentes. (non éditées) « Une partie de mon ascendance vient d’ailleurs, alors qu’il n’y a pas plus français que moi, dans l’idée typiquement française de service public, de passion pour la chose écrite », déclare-t-il pour expliquer l'importance de ce thème dans ses romans. Le débat sur l’identité nationale l'a beaucoup intéressé et aussi inspiré, bien qu'il avoue n'avoir aucune idée a priori sur la question, « je voulais amener à réfléchir » ajoute-t-il.

* Ouvrage de référence :  Alexis Jenni, "L'art français de la guerre", Éditions Gallimard, 640 pages, 2011
<<<< Christian Broussas - Feyzin - 23 décembre 2012 - <<< © • cjb © >>>> 



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