lundi 24 février 2014

Claire Castillon Les couplets

Référence : Claire Castillon, « Les couplets », éditions Grasset, 203 pages

 
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Un roman de claire Castillon est toujours un événement; cette fois, elle nous offre un recueil de nouvelles avec des personnages toujours aussi féroces et toujours aussi paumés. On connaît bien sûr la chanson des couples qui se déchirent, on connaît aussi le refrain moins les couplets qu'elle tricote et assaisonne à sa façon.

Ils sont mis en musique dans une polyphonie assez déprimante dans son pessimisme, prise entre des vies cloisonnées et solitaires, même si c'est à plusieurs, la pauvreté des relations intimes qui attendent des personnages à la recherche d'eux-mêmes.

Son recueil de trente-six nouvelles «triture le couple et ses dessous avec une cruelle lucidité, » commente Le Figaro. Les phrases fusent comme des jugements à l'emporte-pièce, sans concession, comme cette femme qui dit que « chaque soir, j'espère que mon mari ne remarquera pas ma présence dans le lit. » Amertume, fantasmes, solitudes se mêlent à l'amour dans ces couples qui représentent un florilège de ses déviances allant de la femme au bord de la rupture, du mari trompé, au célibataire endurci et à la maîtresse frustrée.



Les hommes ne sont pas en reste, il accusent, « en devenant mère tu t'es mise à détester les hommes » ou concluent comme « je déteste ma famille.» "Familles je vous hais" semble être son credo et l'analyse de la vie conjugale un désenchantement lucide; la famille moderne finit dans l'adultère, la naissance d'un premier enfant représente le début des ennuis, les gosses empoisonnent la vie des divorcés, le couple est passé à la moulinette des rapports voués à l'échec et des amours impossibles.

Une galerie de personnages où l'on retrouve aussi tous les stéréotypes de notre époque, les familles recomposés et les couples décomposés, les gosses de vieux, le Le devoir conjugal, des hommes-femmes collants comme la glu...

Des femmes qui savent au moins ce qu'elles ne veulent pas comme celle-ci qui ose avouer : « Une femme a besoin d’être insatisfaite. Elle exulte dans la frustration. S’il me laissait encore juste le temps de poser ma main sur sa cuisse sans se dresser j’aurais encore envie de lui. Mais à me désirer à ce point, il va me perdre. » C'est clair, les sexes sont bien typés, pas de papa-poule ou d'amant qui pratique l'art du "cocoonage".

 Après un précédent roman « Dessous, c’est l’enfer », dans lequel Claire Castillon décrit l’impossibilité d’aimer et le poids de l'héritage familial, nous voilà de nouveau en pays de connaissance.

      
        
<< Christian Broussas - Les couplets, Castillon - 23 avril 2013  •© cjb © • >>

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