Référence : Mo Yan, Le veau, recueil constitué de deux nouvelles, "Le veau" et "Le coureur de fond", éditions Le Seuil, traduction François Sastourné, octobre 2012

« Il n’est pas difficile de faire du mal mais qu’il est difficile de ne jamais faire de bien de toute sa vie. » (page 228)

Ces deux nouvelles mélangent allègrement souvenirs personnels et imagination de l’auteur. On est dans la Chine profonde, rurale, celle que Mo Yan connaît bien, au temps de la lourdeur bureaucratique d’un communisme soumis à une pesante hiérarchie. Il fonctionne comme des castes où se détachent les pauvres, les riches et entre les deux une catégorie intermédiaires, les "moyens-pauvres".

 Seuls débrouillardise et compromis permettent de faire face à la dure réalité du quotidien et assouplir les pesanteurs de la société. Mo Yan est ensuite un garçon d’une dizaine d’années, assez naïf et très curieux, qui suit l’évolution du sport dans son village et surtout la course de fond organisée par son école. Il décrit le suspense de la course tout en évoquant avec toute sa verve ironique la vie quotidienne de ce canton rural des années soixante.

Luo Han est un jeune garçon espiègle qui fait beaucoup de bêtises pour se faire remarquer… et qui y réussit fort bien. Ce jour-là, après une nouvelle bêtise, il est embarqué malgré lui dans une nouvelle histoire : la castration de trois veaux, le petit et le grand "luxi" et Double échine. Si l’opération se passe bien pour les deux "luxi", il n’en est pas de même pour Double échine. Il y perdra la vie malgré le dévouement de Luo Han, maître Du étant plus intéressé par la culture de son jardin privatif que par le sort de Double échine. Luo Han étant quant à lui très intéressé par Du Wuhua, la fille de maître Du qui, sans être jolie, lui plaît beaucoup mais qui, malheureusement pour lui, est promise à un autre.

Dans la « Petite introduction », Zhu Zongren est présenté comme instituteur remplaçant à l’école primaire du village de Dayanglan.

Dans la « Grande introduction », il précise que le mot « droitiste » désigne riches et intellectuels, synonyme de « personnes de grandes ressources ».  Mais Zhu Zongren n’en faisait pas partie et de plus, passait pour espiègle et indiscipliné, défauts très mal vus dans cette société. Malgré un physique ingrat et même s’il abandonna, Zhu Zongren fit des prouesses en saut en hauteur avec une technique préfigurant le  "Fosbury flop". Au ping-pong, sport éminemment chinois, avec son style particulier, il battit et humilia le champion régional qui eut bien du mal à s’en remettre.

Décidément, monsieur Zhu est un homme très polyvalent. Voilà qu’il décida de défier le petit caïd Sang Lin et qui le vainquit au "jeu du coup de tête" ; il y gagna le surnom de "Tête de fer". Il participa ensuite à la course du dix mille mètres, une course bizarre que l’abandon des deux hommes de tête permet à monsieur Zhu de remporter.

C’est aussi que monsieur Zhu avait une capacité pulmonaire peu commune qui lui permettait aussi d’être le champion de l’apnée.

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